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"J'ai multiplié par dix mes amis en l'espace d'une année" : les groupes Whatsapp, une manière de faire tomber les murs pour de nombreux voisins


Publié le 27/03/2026 23:08



Mis à jour le 27/03/2026 23:22

Temps de lecture : 4min – vidéo : 4min

Les conflits de voisinage peuvent-ils être évités grâce à de la communication ? Pour se parler, se prévenir, s’inviter… De plus en plus d’habitants d’immeubles et de quartiers ont créé leur canal de discussion via Whatsapp.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Tous les samedis matin, dans le XIVe arrondissement de Paris, on se croirait sur un petit marché de village. Des voisins font tous partie du même groupe WhatsApp. Et c’est sur leur téléphone qu’ils ont passé leurs commandes à Charles, un pêcheur de Normandie. « Les Hyper Voisins » sont une joyeuse communauté qui compte près de 2 000 membres.

« Il y a plein d’échanges, en fait, et puis on finit par connaître les gens assez rapidement, donc voilà, c’est une super expérience », commente une habitante. Une autre aime le fait de « ne plus être inconnue dans un quartier ». « Ça crée plus de liens, ça nous rend beaucoup plus solidaires. Souvent, sur les groupes, on a des trocs party, où on se donne des choses, on se prête des choses », ajoute une voisine.

Des achats groupés au bricolage, le groupe WhatsApp permet de se rendre service. Sophie Vardali s’est aussitôt proposée pour réparer l’accro du tableau de sa voisine, Violaine : « Ça fait deux ans qu’il était avec un trou. Et j’avais fait appel à des professionnels qui me demandaient de le décrocher, de faire appel à un transporteur et de l’envoyer, etc. Et ça m’aurait coûté beaucoup plus cher », assure-t-elle. « À Paris, c’est difficile. C’est une grande ville, donc on se rend compte qu’on s’individualise de plus en plus. Avec les réseaux sociaux, on perd le contact humain. Et on se rend compte, je pense, qu’il faut qu’on retourne un petit peu en arrière », explique Sophie.

Créer du lien dans les grandes villes et les petites communes. Comme à Céré-la-Ronde, en Touraine. Dès qu’elle a emménagé, une assistante maternelle a mis en place un groupe WhatsApp avec une soixantaine d’habitants. C’est grâce à lui qu’elle a organisé le carnaval du village. Les parents, les commerçants, tout le monde a joué le jeu. « C’est une super idée, sans se connaître, on se connaît tous, en fait », se réjouit Antoinette Chevrier, employée de La Poste.

Lors des travaux dans un bar-restaurant, les gérants ont aussi profité du groupe pour recruter des bras : « On a une vingtaine de personnes qui sont venues avec des balais, des gants, des seaux… C’était génial », témoigne Elodie Rossignol, gérante du restaurant La Cérénade. « C’est un plaisir », assure Emelyne Tulon, modératrice du Groupe Entraide de Céré-la-Ronde (Indre-et-Loire).

Une réponse en quelques minutes pour partager de bons moments ou aider en cas d’urgence, comme ce fut le cas pour l’un des seniors de la commune. « Sa femme était tombée chez lui et puis il n’arrivait pas à la relever et il a mis un message sur le groupe. Tout de suite, il y a des gens qui sont allés l’aider », raconte Christian Ricou, maire (Sans étiquette) de Céré-la-Ronde.

À Paris, c’est une tout autre urgence qui a fait réagir, ces derniers jours, Les Hyper Voisins. « Salut les Hyper Voisins. Enfermé dans les toilettes, la poignée tourne dans le vide, des idées ? », envoie quelqu’un. Nasser, bricoleur hors pair, a tout de suite répondu. « Gâche démontée, sauvé par Nasser, encore un immense merci », jubile celui qu’il a sauvé. « Il est à trois minutes de chez moi, donc j’ai été chez lui et je l’ai délivré. Il était content (…). J’ai multiplié par dix mes amis en l’espace d’une année », confie Nasserdine Bentahar, responsable informatique et Hyper Voisin.

Pour le fondateur et sa cinquantaine de groupes sur WhatsApp, un mot d’ordre : « Chez les Hyper Voisins, on n’a pas le droit de se plaindre, c’est interdit. C’est rigoureusement interdit, de parler des poubelles qui débordent, des bouchons, des chantiers dans les rues, etc. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas légitime, ça ne veut pas dire que ça n’existe pas. On dit juste que ce n’est pas le bon endroit pour en parler », explique Patrick Bernard, fondateur de l’association « Les Hyper Voisins ». Rester connecté sans perdre en humanité, ou comment le virtuel permet de rester dans la réalité.


Source:

www.franceinfo.fr

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