La Chine est passée depuis 2020 du statut de premier client de l’Union européenne (UE) à celui de premier concurrent. Le déficit commercial allemand vis-à-vis d’elle a quadruplé en cinq ans. Le débat autour de la politique économique qu’il faut mener pour redresser la situation oscille, allant d’une position dogmatique à une autre, entre les partisans d’un « made in Europe », qui imposerait des quotas de contenu local pour protéger l’industrie, et les partisans du « made with Europe », qui refusent de limiter les bénéfices économiques du doux commerce.
Les chefs d’Etat et de gouvernement européens doivent s’entendre au plus vite sur une réponse commune. Celle-ci doit prendre en compte un ensemble de facteurs : les équilibres géopolitiques entre les Etats-Unis et la Chine ; la pérennité des règles commerciales et des institutions multilatérales ; les objectifs climatiques et de décarbonation ; la sécurité des approvisionnements en matériaux critiques ; l’avenir industriel du continent…
Devant l’intrication de ces contraintes, la science économique ne propose aucune politique évidente clés en main et il s’agit de repenser les politiques commerciales, industrielles et de concurrence européenne face au « second choc chinois ».
Des tarifs douaniers ou non ?
Première question : faut-il introduire des tarifs douaniers ou non ? La réponse doit être différenciée. Par exemple, si, en 2024, l’UE a décidé d’introduire des tarifs douaniers sur les véhicules électriques chinois de l’ordre de 20 %, elle continue de ne pas en imposer sur les panneaux solaires. Ce choix est logique, puisqu’il n’existe plus aucune production de panneaux solaires en Europe à protéger : des tarifs douaniers auraient renchéri le déploiement des énergies renouvelables en Europe, ce qui n’est pas le but recherché.
En revanche, des tarifs douaniers sont sans doute nécessaires pour les biens sur lesquels l’Europe maintient des capacités de production ou qu’elle doit développer pour des questions d’autonomie stratégique. La question n’est donc pas d’être « pour ou contre les droits de douane », mais de savoir sur quels biens et services les appliquer, à quel niveau, et dans quel but.
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Source:
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