À l’occasion de la 10ᵉ édition de la Fête du court métrage qui démarre ce 25 mars, nous diffusons, pour une durée de 15 jours, quatre films que nous avons tant aimés. Dont ce film qui dissèque l’obsession sénégalaise pour la chasteté féminine.
Publié le 26 mars 2026 à 11h00
Demain est un grand jour : Zuzana se marie. Mais lorsque sa nièce gobe une pilule de faux sang dissimulée dans ses affaires, la vérité éclate : Zuzana n’est plus vierge. Commence une course contre la montre pour la jeune Sénégalaise, qui va tout faire pour recouvrer sa virginité perdue.
En traitant ce sujet difficile, le réalisateur Moly Kane donne à voir une réalité assez peu documentée : l’obsession de la société sénégalaise pour la chasteté féminine. Une volonté de contrôler les corps à laquelle Zuzana essaie désespérément de se soustraire, se tournant d’abord vers la médecine traditionnelle — qui l’éconduit — puis vers un marabout, dont le discours patriarcal lui fait prendre les jambes à son cou. « Pour vous, les hommes, tout est plus facile », assène-t-elle à Ousmane, son petit ami. Ce sont pourtant d’autres femmes qui l’accusent d’avoir manqué à son devoir. Sur ordre de sa mère, Zuzana se rend chez Tata Anna, une vieillarde qui répare les hymens déchirés. Mais en apprenant les risques médicaux qu’elle encourt, la future mariée prend une fois de plus la fuite.
Dans un style très documentaire, Moly Kane suit chaque étape de ce parcours de la combattante, duquel ressort l’impossibilité pour l’héroïne de disposer de son corps comme elle l’entend. La vision d’une jeune mariée acclamée par la foule la consolera à peine : bien qu’arrangé, le mariage est tout sauf arrangeant pour les femmes qui, comme Zuzana, subissent les effets du patriarcat jusque dans leur chair.
Source:
www.telerama.fr




