« La politique [est] d’abord et avant tout une guerre de langage, une guerre des signes, une guerre des symboles. » Ainsi Jean-Marie Le Pen théorisait-il, en 1991, l’enjeu du choix des mots. Quelles sont les armes linguistiques maniées par l’extrême droite ? Le lexique y est l’objet d’une réflexion soutenue, d’abord dans une optique de bataille culturelle lancée dans les années 1980 par la nouvelle droite, puis de marketing politique à partir de 2012 et l’accession de Marine Le Pen à la tête du Front national (FN). C’est aussi un prisme révélateur qui permet de cerner la cohérence d’un système de pensée.
Les mots, isolés, ne sont pas, en soi, une signature idéologique. Ils ne font sens qu’au sein d’un corpus cohérent, sédimenté par répétition et solidifié par un récit structuré. Ce n’est donc pas l’utilisation d’un seul de ces termes qui marque un texte du sceau de la pensée d’extrême droite, mais le fonctionnement du discours dans son ensemble.
Cet article est tiré du « Hors-Série Le Monde – L’extrême droite : histoire, réseaux, stratégies », mars-avril 2026, en vente dans les kiosques ou par Internet en se rendant sur le site de notre boutique.
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Source:
www.lemonde.fr




