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En Haïti, au moins 16 personnes sont mortes – peut-être jusqu’à 80 – après une attaque le week-end dernier à Petite-Rivière de l’Artibonit. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, invité de France 24, alerte sur une crise sécuritaire « extrêmement difficile » mais assure que l’État « reste ferme ».
L’attaque menée par des membres de gangs à Petite-Rivière de l’Artibonite, ce week-end, a fait au moins 16 morts, dont plusieurs policiers, selon les autorités haïtiennes. Un bilan qui pourrait atteindre « jusqu’à 80 morts » d’après les Nations unies, dans un pays où la violence ne cesse de s’aggraver.
Invité de France 24, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, dit « déplorer profondément » ce drame et assure que « cela renforce la détermination du gouvernement à agir ».
Dans un contexte où près de 6 000 personnes ont été tuées en 2025 et où 85 % de Port-au-Prince serait sous contrôle des gangs , la situation est « très, très, très compliquée », reconnaît-il. Mais « l’État est à pied d’œuvre », insiste le ministre, évoquant des opérations en cours dans la capitale et le soutien de partenaires internationaux. « Le gouvernement est ferme : la priorité des priorités, c’est la sécurité », martèle-t-il.
Economie à l’arrêt
Pour les Haïtiens, le quotidien est devenu « extrêmement difficile », avec 1,4 million de déplacés internes et une capitale fragmentée par les barrages des gangs. « Mais Haïti ne se résume pas à Port-au-Prince », souligne James Monazard, mettant en avant des zones relativement épargnées dans le nord et le sud du pays.
Sur le plan économique, l’impact est majeur : « Si je dis que cela n’a aucun effet, je ne suis pas crédible », reconnaît-il. La capitale, cœur économique du pays, est paralysée. Mais certaines activités subsistent, notamment dans les parcs industriels du nord ou autour de nouvelles infrastructures portuaires et aéroportuaires dans le sud.
Le ministre reconnaît également l’existence de « collusions » entre certains acteurs économiques et les gangs, tout en appelant à laisser la justice établir les responsabilités. « Ceux qui financent les gangs sont aussi dans le collimateur », affirme-t-il.
« Signaux d’espoirs »
À cette crise sécuritaire s’ajoute une pression économique accrue, notamment liée à la hausse des prix de l’énergie avec la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement a mis en place un conseil consultatif pour décider d’une éventuelle hausse des carburants, dans un contexte déjà très fragile.
Malgré tout, James Monazard veut croire à des « signaux d’espoir », notamment via des programmes d’aide à l’entrepreneuriat. Mais la perspective d’élections reste suspendue à une amélioration de la sécurité : « Toutes les dispositions sont prises, mais la situation ne permet pas encore de les organiser. »
Source:
www.france24.com




