Cet homme de 41 ans, arrêté mardi au Portugal, est suspecté d’avoir tué son ancienne et sa nouvelle conjointe. L’ex-avocat de cette dernière, Cédric Galandrin, explique à franceinfo qu’elle était « aveuglément amoureuse » de cet ancien policier pour lequel elle avait tout quitté.
Publié le 27/03/2026 20:53
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L’ancien avocat de la compagne de Cédric Prizzon confie vendredi 27 mars à franceinfo que son ancienne cliente était « sous l’emprise » de son conjoint, suspecté de l’avoir tuée et dont le corps a été retrouvé enterré mercredi au Portugal. Cédric Prizzon, ancien policier de 41 ans, a été arrêté mardi au Portugal en compagnie de ses deux enfants retrouvés sains et saufs. Il est notamment soupçonné d’avoir tué son ancienne et sa nouvelle conjointe. Cédric Galandrin, avocat au barreau de l’Aveyron, se souvient de ses échanges avec elle lorsqu’il la défendait en 2022.
À cette époque, son ancienne cliente avait été condamnée à trois mois de prison avec sursis pour complicité, après s’être rendue en Espagne avec son conjoint et le fils de ce dernier, né d’une précédente union. Cédric Prizzon avait alors été condamné pour s’être rendu illégalement hors de France avec son enfant pendant plusieurs semaines et ne pas l’avoir rendu à son ancienne conjointe dans les temps. Il est soupçonné d’avoir également tué cette ancienne conjointe au Portugal.
Cédric Galandrin confirme que son ancienne cliente avait « accepté de suivre son conjoint alors qu’elle savait que ce n’était pas lui qui avait la garde de son fils ». « Cédric était persuadé que son fils était en danger auprès de sa mère », poursuit l’avocat. « Ma cliente en était petit à petit convaincue », affirme l’avocat qui dit avoir ressenti « une forme d’emprise » de Cédric Prizzon sur sa cliente. Selon lui, elle était « aveuglément amoureuse » de cet ancien policier plus âgé qu’elle et pour lequel elle avait tout quitté, mais elle avait fini par réaliser « que ce qu’elle avait fait était insensé, qu’il ne lui avait peut-être pas dit la vérité sur son fils, sur le rôle de la maman ». Sa cliente avait donc décidé d’arrêter la relation avec cet homme : « Leur périple s’est mal passé. Lorsque le procès a eu lieu, ils étaient séparés », raconte l’avocat.
Il se souvient notamment d’un échange avec sa cliente au cours duquel elle lui avait décrit « des scènes de colère où il s’était emporté ». « La fin de leur voyage s’était mal passée », répète-t-il, faisant référence à une scène de tensions au sein du couple où elle avait eu peur qu’il soit violent à son égard : « Il s’est rapproché d’elle, sa tête contre sa tête et elle a vu le moment où il allait lui porter un coup. Il l’a abandonnée toute seule en pleine campagne espagnole. Il l’a laissée. Elle a eu très peur ». « Pour moi, poursuit Cédric Galandrin, elle avait compris que cette relation ne devait pas reprendre ». L’avocat se dit étonné d’apprendre « qu’ils se sont remis ensemble et qu’elle a eu un enfant avec cet homme » et dit ignorer quand ils ont renoué leur relation.
« Je pense qu’on était probablement de nouveau sur ce registre de l’emprise. Elle n’a pas réussi à se détacher définitivement de cet homme dont elle savait qu’il pouvait être violent et potentiellement dangereux. »
Cédric Galandrin, ancien avocat de la compagne de Cédric Prizzonà franceinfo
Le corps de son ancienne cliente, âgée de 26 ans, a été retrouvé mercredi enterré au Portugal, tout comme celui de l’ex-compagne de Cédric Prizzon, âgée de 40 ans. L’homme est suspecté du double féminicide. Il a été interpellé mardi au Portugal. Au moment de son arrestation, l’homme était avec ses deux enfants : un garçon de 12 ans, eu avec son ex-conjointe et avec lequel il avait fui en Espagne, et une petite fille d’un an et demi, eu avec sa nouvelle compagne, défendue par Cédric Galandrin lors du premier enlèvement.
Cédric Prizzon est notamment soupçonné par la justice portugaise des crimes d’homicide aggravé, profanation de cadavre et enlèvement. Il est également mis en cause pour violences sur sa fille, falsification de documents et possession d’arme illégale, selon la décision du tribunal de Vila Nova de Foz Côa.
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