Aux États-Unis, le don de plasma est rémunéré et attire de plus en plus de membres de la classe moyenne pour compléter leurs revenus face à l’inflation. Cette pratique est devenue une véritable industrie, avec des exportations vers la France et le reste du monde pour l’usage pharmaceutique.
Publié le 31/03/2026 11:39
Mis à jour le 31/03/2026 11:39
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Aux États-Unis, contrairement à la France, le don de plasma est rémunéré. Et il semble que la pratique aide de plus en plus de membres de la classe moyenne à boucler leur fin de mois. Le New York Times s’est intéressé au sujet, en ce mois de mars, explique qu’historiquement, les centres de dons se trouvaient surtout dans des quartiers défavorisés : des villes près de la frontière mexicaine, par exemple, ou dans les régions industrielles touchées par la crise. D’ailleurs, cela a valu à ces centres d’être critiqués. On leur a reproché d’exploiter la pauvreté. Mais entre 2014 et 2021, dit le Times, le nombre de centres a doublé, passant à 1 200 dans le pays, en s’implantant dans des banlieues plus privilégiées, où vit plutôt la classe moyenne, comme à Houston, où le quotidien a réalisé son reportage. Le signe, peut-être, des effets de la pression économique sur de nombreux Américains, qui cherchent à gagner un peu d’argent en complément de leur salaire.
Le Times a parlé à un homme de 59 ans, qui gagne 50 000 dollars — presque 45 000 euros — par an en travaillant dans un centre de déchets. Avec l’inflation, la hausse du prix de l’essence et des courses, ou l’augmentation de son assurance santé, cela ne suffit pas. Deux jours par semaine, il va donc donner son plasma pendant une heure et repart avec 70 dollars pour chaque don. Il dit qu’il a un peu honte de le faire, mais cela lui demande peu d’efforts et représente une rentrée d’argent régulière. Le journal a aussi discuté avec un trentenaire qui veut économiser pour une maison, un enseignant dépassé par ses frais de santé, une infirmière qui doit payer la garde de son enfant, ou un retraité un peu court sur sa pension et qui rentre parfois fatigué chez lui après la procédure. Il y a souvent une file d’attente devant ce centre près de Houston.
Les États-Unis sont l’un des rares pays où le don de plasma est rémunéré. Du coup, c’est une industrie à part entière. Les États-Unis ont exporté en 2024 l’équivalent de six milliards de dollars de plasma, vers la France notamment, qui importe une très large majorité de son plasma. À travers le monde, il est utilisé dans l’industrie pharmaceutique et peut aider des patients souffrant de déficits immunitaires ou de problèmes au foie, par exemple.
Source:
www.franceinfo.fr




