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Deliveroo, Uber Eats… Les chiffres chocs de la santé des livreurs


Publié le 30/03/2026 22:53

Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min

Beaucoup d’entre vous commandent sur Deliveroo ou Uber Eats leur dîner quand ils n’ont pas la force de cuisiner. D’après un rapport alarmant, les livreurs peuvent travailler en moyenne 63 h par semaine. Plus d’un sur deux a déjà eu un accident au cours d’une course. 

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Une course contre la montre quotidienne. Abou, 28 ans, sillonne les rues de Bordeaux depuis deux ans sur son vélo. Il livre des repas à domicile pour le compte de plusieurs plateformes avec une pression quasi permanente. « Il faut aller vite. Parce que là, le client, il te suit à partir de l’application », explique-t-il.

Pour gagner sa vie, il roule six jours sur sept. Comme lui, en moyenne, les livreurs à vélo travaillent 63 heures par semaine. « Il n’y a pas d’horaire. Il faut patienter juste pour attendre l’arrivée des commandes », raconte-t-il.

Un métier et des cadences éprouvants pour des livreurs souvent très précaires, avec des conséquences directes sur leur santé. Selon une étude que nous vous révélons en exclusivité, 66 % des livreurs souffrent du dos, 63 % de maux de tête et 53 % de troubles du sommeil. 59 % d’entre eux déclarent avoir déjà eu au moins un accident du travail, avec parfois des conséquences dramatiques.

Il y a un an, Isidor est en train de faire une livraison à vélo lorsqu’il est renversé par une voiture. Traumatisme crânien, deux semaines de coma et, à son réveil, « J’ai complètement perdu l’équilibre. Je n’arrivais même pas à marcher. Je ne parlais plus. J’entends très faiblement. Quand on me parle pas, j’entends très faiblement », décrit-il.

Sept mois de rééducation pour tout réapprendre. À 23 ans, il garde de lourdes séquelles à vie. Il est totalement sourd de l’oreille droite, avec de gros problèmes d’équilibre. À l’époque de son accident, Isidor était sans papiers. Pour travailler, il utilise le compte d’un livreur déclaré et lui verse en échange une partie de sa rémunération. Comme c’est illégal, il n’a droit à aucune indemnisation des plateformes.

Ces travailleurs précaires ont un accès aux soins limité. À la maison des livreurs à Bordeaux, Médecins du Monde propose gratuitement des consultations médicales à ces patients qui font passer leur travail avant leur santé. « Comme ils minimisent tout, après, ça engendre des douleurs chroniques, des problèmes chroniques. Il y en a déjà vu des cas ici où des fractures avaient été minimisées, et des gens de Médecins du Monde ne s’en sont rendu compte que deux à trois semaines après », observe le docteur Gauthier Chantrel.

Contactée, une plateforme de livraison rappelle que : « Tous les livreurs utilisant l’application Uber Eats en France bénéficient automatiquement et gratuitement d’une assurance contre les accidents du travail et les maladies professionnelles ».

Deliveroo affirme lutter contre le phénomène de la sous-traitance illégale et condamne fermement ces pratiques. Une directive européenne vise à améliorer les conditions de travail des livreurs. Le gouvernement doit la transposer dans le droit français avant décembre 2026.


Source:

www.franceinfo.fr

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