Les Nations unies ont proposé un plan d’aide d’urgence à Cuba, portant notamment sur la livraison de carburant, dans le cadre de discussions avec les États-Unis sur l’autorisation d’importations à des fins humanitaires, a indiqué mercredi 25 mars un responsable onusien. Un plan qui intervient alors que l’Organisation mondiale de la Santé juge la situation sanitaire préoccupante sur l’île.
Publié le : 26/03/2026 – 04:56
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Francisco Pichon, coordinateur de l’ONU à Cuba, a précisé que ce plan de 94,1 millions de dollars avait été proposé pour maintenir en fonctionnement les services essentiels destinés aux personnes les plus vulnérables du pays et « sauver des vies ». « Si la situation actuelle se poursuit et que les réserves de carburant du pays s’épuisent, nous craignons une détérioration rapide, avec un risque de pertes humaines », a-t-il déclaré à un petit groupe de journalistes, dont l’AFP.
Le plan avait été présenté ce 24 mars à des dizaines de diplomates et de représentants d’ONG internationales. C’est une extension de la réponse de l’ONU aux dommages causés par l’ouragan Melissa qui a frappé Cuba en octobre dernier, et inclut l’impact humanitaire de la crise énergétique actuelle aggravée par le blocus pétrolier imposé depuis janvier à l’île communiste par les États-Unis.
Un plan permettant la traçabilité de l’aide
Selon Francisco Pichon, « la faisabilité et la mise en oeuvre de ce plan d’action dépendent évidemment de solutions en matière de carburant ». Pour cela, l’ONU prévoit un « modèle de traçabilité du carburant » pour garantir « qu’il soit dirigé vers les services essentiels et critiques prioritaires du plan », a-t-il expliqué. « Toutes les solutions sont examinées, y compris la collaboration avec le secteur non étatique », a-t-il ajouté.
Le personnel onusien a été en grande partie dans l’incapacité de mener des missions de terrain et les agences de l’ONU peinent à récupérer les cargaisons d’aide dans les aéroports de La Havane. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti le mois dernier que Cuba risquait un « effondrement » humanitaire si l’accès au pétrole lui était refusé.
Les Cubains subissent des coupures d’électricité régulières pouvant durer plus de 20 heures, et deux pannes générales sont survenues rien que la semaine dernière. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a imposé diverses mesures pour économiser le carburant, dont un strict rationnement.
La « situation sanitaire est préoccupante »
Le directeur général de l’OMS a déclaré ce 25 mars que la situation sanitaire à Cuba était « profondément préoccupante », alors que le blocus américain sur les carburants aggrave la crise énergétique de l’île. « La santé doit être protégée à tout prix et ne jamais être à la merci de la géopolitique, des blocus énergétiques et des coupures de courant », a souligné sur X le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
« La situation à Cuba est profondément préoccupante, car le pays peine à maintenir la prestation des services de santé à un moment de turbulences immenses, entraînant des pénuries d’énergie qui affectent la santé », a-t-il ajouté.
La vétusté du système cubain de production d’électricité provoque des coupures de courant quotidiennes pouvant durer jusqu’à 20 heures. L’île manque du carburant nécessaire pour produire son électricité.
Depuis l’éviction par les États-Unis du principal allié de Cuba, le président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, alors que le président américain Donald Trump maintient un blocus pétrolier de facto. Aucune cargaison de pétrole n’a été importée sur l’île depuis le 9 janvier, ce qui frappe le secteur de l’électricité et oblige également les compagnies aériennes à réduire leurs vols vers l’île, un coup dur pour le secteur vital du tourisme.
Les hôpitaux cubains au bord de la rupture
Tedros Adhanom Ghebreyesus a évoqué des informations de presse selon lesquelles des hôpitaux cubains ont eu du mal à maintenir leurs services d’urgence et de soins intensifs. « Des milliers d’interventions chirurgicales ont été reportées au cours du dernier mois, et des personnes ayant besoin de soins, des patients atteints de cancer aux femmes enceintes se préparant à l’accouchement, ont été mises en danger en raison du manque d’électricité pour faire fonctionner les équipements médicaux et assurer la chaîne du froid pour les vaccins », a-t-il précisé.
« Les hôpitaux cubains, les cliniques et les ambulances sont nécessaires, maintenant plus que jamais, et doivent être soutenus », a-t-il encore estimé. En plus des coupures quotidiennes d’électricité, les prix du carburant ont flambé, les transports publics se font rares et les ordures s’entassent, les camions-poubelles ne circulant plus.
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Source:
www.rfi.fr




