Le texte doit être validé vendredi par le Bundesrat, la chambre haute du Parlement. 209 meutes vivent outre-Rhin, soit environ 1 600 loups, et la cohabitation avec les élevages devient de plus en plus compliquée. Exemple en Basse-Saxe, où 54 loups ont été recensés.
Publié le 27/03/2026 12:27
Temps de lecture : 2min
L’attaque remonte à quelques mois mais Wendelin Schmücker, 49 ans, n’a pas oublié la visite des loups et son pâturage, transformé en champ de bataille. « Ils sont venus pendant la nuit et ils ont tué sept moutons, relate cet éleveur du nord-ouest de l’Allemagne. Pourtant, il y avait des clôtures électriques de 90 centimètres de hauteur ! Les images étaient vraiment terribles, c’était un vrai massacre. On a trois meutes ici, dans le secteur, cela fait une trentaine de loups ».
Chaque jour, l’éleveur de Basse-Saxe inspecte ses clôtures, une routine essentielle pour protéger ses 600 bêtes. Après la première attaque, Wendelin Schmücker a déposé une demande de port d’armes qui lui a été refusée. « Je me bats depuis douze ans pour que les loups puissent être chassés », dit-il.
“Pour éviter les attaques, il faut réduire pratiquement à zéro leur population car un loup a besoin de trois à quatre kilos de viande par jour.”
Wendelin Schmücker, éleveur de moutons en Basse-Saxeà franceinfo
Ces deux dernières années, 34 éleveurs du coin ont arrêté leur activité à cause des attaques, rapporte Wendelin Schmücker. La loi qui doit être votée vendredi 27 mars à la Bundesrat, facilitant l’abattage des loups, va donc dans le bon sens pour l’éleveur.
Mais pour Marie Neuwald, de l’association de protection de la nature NABU, elle ne règlera pas le problème. « Certains troupeaux ne sont pas protégés ou alors très mal. Par exemple, il n’y a pas assez de courant dans la clôture ou elle est mal installée et le loup peut passer dessous. Le seul moyen vraiment efficace pour empêcher les attaques, c’est une bonne protection des troupeaux », plaide la militante.
Knut Kucznik, le vice-président de l’association des éleveurs ovins de la région du Brandebourg, est, lui aussi, favorable à une meilleure protection des moutons. À condition que l’État mette davantage la main à la poche. « De nombreuses régions ne débloquent pas les fonds nécessaires pour protéger les troupeaux, alors que ça coûte cher. Un chien chargé de veiller sur un troupeau revient à 2 500 euros par an », donne-t-il en exemple.
« Il y a deux solutions : soit ils financent à 100% les mesures de protection, soit ils tuent tous les loups. Tous. »
Knut Kucznik, vice-président de l’association des éleveurs ovins de la région du Brandebourgà franceinfo
En Allemagne en 2024, 4 300 animaux ont été tués par des loups, et la population des prédateurs ne cesse de croître. Aujourd’hui, on en dénombre quelque 1 600 sur le territoire. Les éleveurs ont reçu 20 millions d’euros pour indemniser les pertes et financer les mesures de protection.
Source:
www.franceinfo.fr




