Le dernier baromètre du ministère de l’Economie sur la réindustrialisation est rélévateur: le solde net des ouvertures et des extensions d’usines en France s’élève seulement à 19 pour l’ensemble de l’année 2025. Certains secteurs sortent nettement gagnants (défense, aéronautique, industrie verte, électronique), tandis que d’autres perdent des unités (chimie, métallurgie, transports, mécanique).
La réindustrialisation française a encore ralenti en 2025, dans un contexte international dégradé, souligne le dernier baromètre industriel publié dimanche par le ministère de l’Economie. Selon lui, le solde net d’ouvertures et d’extensions de sites industriels est certes resté positif l’année dernière, avec +19, mais il s’est notablement réduit par rapport à l’année précédente (+88).
« La tendance au ralentissement se poursuit de façon marquée », confirme le gouvernement dans ce baromètre, dont l’objectif est de mesurer de manière semestrielle l’évolution de la réindustrialisation en France.
Bercy met en avant « la dégradation du contexte international » dans les facteurs d’explication, mentionnant une concurrence internationale accrue et marquée par l’essor de surcapacités asiatiques, mais aussi l’instauration de droits de douane par les Etats-Unis en 2025 et la hausse des prix de l’énergie.
Ainsi, selon Bercy, l’industrie verte comptabilise le plus grand nombre d’ouvertures nettes (+26), suivie de la défense, l’aéronautique et le spatial (+19) et l’électronique (+12). A l’opposé on trouve des secteurs comme les transports (-14), la chimie (-8), l’industrie mécanique (-8) et la métallurgie (-6).
« Deux France industrielles »
Face à cette situation, l’Etat assure poursuivre son soutien à l’industrie française à l’échelon national, via ses dispositifs de financement, et « intensifie son action » au niveau européen en faveur du soutien à la compétitivité de l’industrie, notamment par la défense de la préférence européenne, la simplification des procédures ou encore le renforcement du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières).
Les observations du baromètre de Bercy sont en revanches plus optimistes que celles du cabinet Trendeo, publié début février, selon lequel 2025 a été marquée par plus de fermetures que d’ouvertures de sites industriels en France. Trendeo a en effet recensé un solde négatif de -63, « qui n’avait plus été atteint » depuis 2013. En termes de taille, « toutes les catégories d’entreprises ouvrent moins d’usines qu’en moyenne, avec un décrochage particulièrement marqué chez les PME », a expliqué le cabinet.
Une étude par secteur fait « apparaître deux France industrielles ». D’un côté les secteurs en bonne santé, comme le traitement des déchets, l’énergie ou l’aéronautique. L’industrie pharmaceutique « oscille autour de zero ». De l’autre, ceux qui connaissent un « déclin structurel continu depuis 2009 », produits métalliques, imprimerie, fabrication de meubles, métallurgie, textiles, plastique/caoutchouc, automobile, a détaillé Trendeo dans son dernier baromètre.
« Pour ces secteurs, la courbe ne s’est jamais redressée, même pendant la période faste 2021-2022 », a soulogné le cabinet, précisant que « le rebond post-Covid a au mieux ralenti la pente sans l’inverser ».
Bpifrance estime de son côté que la réindustrialisation de la France « est sur un plateau » mais « il faut de plus en plus d’efforts » pour s’y maintenir, selon son directeur général Nicolas Dufourcq.
Malgré tout, la dynamique de création devrait se poursuivre en 2026, poursuit le baromètre de Bercy, selon lequel « 150 usines » sont « en cours de création, soutenues par le crédit impôt pour l’industrie verte, l’appel à projets « Première usine » du plan d’investissement France 2030, ou annoncées dans les dernières éditions de Choose France », indique-t-il.
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