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Avec Artemis II, la Nasa va tester ses astronautes face à l’un des pires dangers de l’espace

Avec Artemis II, la Nasa s’apprête à franchir une étape majeure dans le retour de l’humanité vers la Lune. Prévue comme la première mission habitée du programme Artemis, elle enverra quatre astronautes à bord du vaisseau Orion pour un voyage d’environ dix jours autour de notre satellite.

Contrairement aux missions en orbite basse, comme celles de la Station spatiale internationale, Artemis II emmènera son équipage bien au-delà de la magnétosphère terrestre, cette bulle protectrice générée par le champ magnétique de la Terre. Dans cette région de l’espace, les astronautes seront exposés à un environnement radiatif beaucoup plus intense.

Cette mission, dont le lancement est désormais prévu pour début avril, sert avant tout de test grandeur nature. Elle doit valider les systèmes de navigation, de communication… mais aussi les capacités de protection contre les radiations. Car l’objectif est clair : préparer les futures missions Artemis, dont Artemis III, qui vise un retour sur la surface lunaire, puis à plus long terme, des voyages habités vers Mars.

La mission Artemis II enverra quatre astronautes autour de notre satellite, un dernier test grandeur nature avant un alunissage avec la future mission Artemis III. © Nasa

Le Soleil, indispensable… mais potentiellement dangereux

Le Soleil est la source d’énergie qui rend la vie possible sur Terre. Mais notre étoile est aussi une machine extrêmement dynamique, capable de libérer très rapidement des quantités colossales d’énergie.

Parmi les phénomènes les plus violents figurent les éruptions solaires et les éjections de masse coronale, qui projettent dans l’espace d’immenses quantités de particules chargées, parfois accélérées à des vitesses proches de celle de la lumière.


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Cette tache solaire grandit à une vitesse folle… et vient de déclencher l’une des plus puissantes éruptions du cycle


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Lorsqu’elles atteignent un vaisseau spatial, ces particules constituent ce que l’on appelle des radiations ionisantes : des particules énergétiques capables d’interagir avec la matière et d’arracher des électrons aux atomes

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La mission Artemis II amènera quatre astronautes de l’autre côté de notre satellite à bord de la capsule Orion. © Nasa, ESA

Ce processus peut endommager les cellules vivantes, en particulier l’ADN. Sur Terre, ces particules sont en grande partie déviées par le champ magnétique et absorbées par l’atmosphère, mais pas dans l’espace lointain, où les astronautes sont beaucoup plus vulnérables.

Une exposition excessive à ces tempêtes invisibles peut augmenter le risque de cancer, affecter le système nerveux, voire perturber les capacités cognitives – un enjeu critique pour une mission habitée. 

Le Soleil scruté sous toutes ses faces

Pour faire face à ce risque, la Nasa met en place une stratégie de surveillance en temps réel particulièrement sophistiquée. Des satellites dédiés à l’observation du Soleil, comme le Solar Dynamics Observatoru (SDO), le satellite GOES-19 de la NOAA ou encore la sonde Soho (développée avec l’ESA), scrutent en permanence notre étoile, avec comme objectif de détecter les signes avant-coureurs d’une éruption ou d’une éjection de masse coronale, en analysant leur taille, leur vitesse et leur direction.

Fait plus surprenant, la mission mobilisera aussi des instruments situés… sur Mars. Le rover Perseverance peut en effet observer certaines régions du Soleil invisibles depuis la Terre, Mars se trouvant actuellement de l’autre côté du Soleil par rapport à nous. Cette configuration offre un aperçu anticipé de l’apparition de taches solaires susceptibles de produire des éruptions.

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Le rover Perseverance de la Nasa, explorant la surface de Mars, a capturé ces taches lunaires en mai 2024. © Nasa

Toutes ces données sont analysées en continu par les équipes de la Nasa et de la NOAA. En cas d’événement dangereux, les astronautes d’Artemis II pourront être alertés en temps réel grâce à plusieurs dispositifs embarqués dans le vaisseau permettant de mesurer directement les radiations : des capteurs répartis dans la cabine surveillent en permanence le niveau d’exposition, tandis que les astronautes porteront des dosimètres individuels.

Si les niveaux deviennent trop élevés, l’équipage pourra se réfugier dans une zone mieux protégée du vaisseau. Le principe est simple : utiliser la masse du matériel embarqué (équipements, réserves) comme bouclier improvisé contre les particules énergétiques. Cette capacité à réorganiser l’espace intérieur constitue un élément clé du test Artemis II.

Les astronautes de la mission Artemis II devront vivre dans les 9 m3 de la capsule Orion pendant 10 jours. © Nasa

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Comment les astronautes d’Artemis II se préparent à passer 10 jours dans 9 mètres cubes !


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Au-delà de la mission elle-même, Artemis II joue un rôle fondamental pour l’avenir de l’exploration spatiale habitée. Les données collectées permettront d’améliorer les modèles de prévision de météo spatiale et de mieux comprendre la manière dont les radiations se propagent dans l’espace, ainsi qu’à optimiser les stratégies de protection des équipages.

Ces avancées seront indispensables pour les missions de longue durée, notamment vers Mars, où les astronautes passeront des mois, voire des années, loin de toute protection naturelle.


Source:

www.futura-sciences.com

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