Le cancer du sein touche 1 femme sur 8 dans le monde. L️es techniques de reconstruction mammaire peuvent-elles encore être allégées et perfectionnées ? À suivre dans ce podcast Jeunes pousses. © Futura
Début 2024, la Dr Sue Hwang, oncologue américaine chevronnée, apprenait qu’elle avait un cancer du sein, un diagnostic qu’elle n’avait absolument pas anticipé. Cet événement a eu lieu il y a plus d’un an, mais son histoire mérite largement qu’on s’y attarde aujourd’hui, tant elle éclaire d’une lumière rare le vécu des patientes atteintes de cancer. Celle qui avait accompagné des milliers de patients se retrouvait soudainement de l’autre côté du bureau médical.
Quand une experte du cancer devient patiente
Sue Hwang jouait au tennis chaque jour. Mère célibataire de trois garçons, elle gérait une carrière exigeante sans fléchir. Rien, dans son mode de vie, ne la désignait comme une femme à risque élevé de cancer mammaire.
Pourtant, lors d’une mammographie de routine, les images révèlent cinq masses suspectes sur le sein droit et un ganglion lymphatique anormal. Sa première réaction : l’incrédulité. « C’est une plaisanterie. Il m’est impossible d’avoir développé cinq tumeurs en un an », confie-t-elle. Elle ne ressentait rien.
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En tant qu’oncologue, elle connaissait les statistiques mieux que quiconque. Le cancer du sein reste l’un des cancers les plus traitables, notamment lorsqu’il est détecté tôt, avec un taux de survie atteignant 95 % aux stades précoces. Mais ses médecins, qui étaient aussi ses collègues, lui annoncèrent un taux de survie de 85 %.
Un chiffre qu’elle aurait jugé encourageant pour une patiente. Vécu de l’intérieur, il lui sembla insuffisant. « C’est la première fois que j’ai vraiment craqué dans un cabinet médical, raconte-t-elle. Je fais tout ça, et vous ne me donnez qu’un « B ». »
Son parcours de soins fut lourd :
Au terme de ces traitements, Sue Hwang était en rémission. Mais profondément transformée.

Oncologue radiothérapeute et chef du service de radio-oncologie mammaire à l’Institut du cancer AdventHealth d’Orlando, en Floride, Sue Hwang se découvre du jour au lendemain, cinq tumeurs dans un sein au cours de sa mammographie annuelle. © Marco VDM, iStock
Survivante du cancer : retrouver une identité après les traitements
Ce que cette oncologue n’avait pas prévu, c’est le vide qui suit la guérison. Ses seins, ses ovaires, son utérus, ses cheveux, tout avait disparu. Son corps ne lui appartenait plus tout à fait. « Le poids émotionnel est immense », dit-elle. Rien dans sa formation médicale ne l’avait préparée à cette réalité.
Avant le diagnostic, elle cultivait une image de femme qui gère tout. Elle ne montrait jamais sa fatigue ni sa solitude. Cette carapace a volé en éclats face à la maladie.

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C’est en se mettant à parler à ses proches, à ses patients, qu’elle a commencé à se reconstruire. Elle leur demandait comment ils avaient surmonté les changements corporels, comment ils avaient réappris à vivre. Ces échanges l’ont aidée à guérir autant qu’ils l’ont rendue meilleure clinicienne.
« Être plus ouverte sur mes difficultés m’a permis de réaliser que je n’étais pas seule, explique-t-elle. Les patients se sont mieux identifiés à moi ».

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Sa première pensée, au moment du diagnostic, avait été pour ses trois fils, alors âgés de 11, 13 et 15 ans. La peur de les laisser. Cette vulnérabilité de mère, elle l’a appris à assumer et elle en a fait une force.
Aujourd’hui, elle travaille moins, consacre davantage de temps à sa famille et prend soin d’elle avec une attention nouvelle. Elle prépare la publication d’un mémoire retraçant son parcours, espérant que son témoignage pousse le système de santé à mieux accompagner les survivants après la fin des traitements.
Son message est simple et universel : ne pas savoir, avoir peur, ressentir de l’anxiété, tout cela est normal quand on a traversé un cancer du sein.

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Source:
www.futura-sciences.com




