A partir de ce 31 mars, les réseaux 2G et 3G seront progressivement éteints par les opérateurs de téléphonie mobile. Cet arrêt met en danger la continuité de nombreux services essentiels pour des millions de Français. Pourtant, les pouvoirs publics ne semblent pas suffisamment prendre la mesure des impacts désastreux de cette décision unilatérale des opérateurs privés de télécommunication Bouygues, Orange, SFR et Free.
Jusqu’à 12 millions d’équipements en France seraient concernés par cet arrêt de réseaux, et devront être remplacés : aucune solution de mise à niveau n’est accessible. Parmi ces équipements, on compte 2,4 millions de téléphones portables. Mais près de 10 millions d’objets connectés devront être adaptés ou renouvelés, selon une estimation de la direction générale des entreprises : ascenseurs, automobiles, alarmes, éclairage public, dispositifs médicaux dont les services sont parfois vitaux, etc.
Aucune compensation financière n’est prévue malgré les coûts faramineux de mise à niveau. Le coût de remplacement de ces équipements rendus obsolètes peut retomber sur les utilisateurs et utilisatrices finaux : plusieurs centaines d’euros pour le rachat d’un smartphone, 300 euros en moyenne pour un bracelet antichute, jusqu’à 1 800 euros et une journée d’intervention pour adapter un ascenseur, selon un rapport d’information du Sénat.
Pour les collectivités, l’adaptation des réseaux d’eau et d’assainissement pourrait coûter 400 millions d’euros. Sans compter le renouvellement de l’éclairage public, qui représente une somme de 900 000 euros pour la seule ville de Lille.
Cet arrêt de réseau supposera 1,36 milliard d’euros de surcoûts au minimum. Qui devra les assumer ? Les consommateurs, les entreprises, les collectivités, les associations. Aucune aide à l’horizon, ni des opérateurs à l’origine de la décision ni de l’Etat.
Obsolescence forcée
Le chiffre alarmant de 1,36 milliard d’euros est malheureusement probablement sous-estimé. Nous déplorons l’absence d’une étude cartographiant l’ensemble des équipements concernés ainsi que les impacts induits. Le diagnostic de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) reste lacunaire et aurait mérité d’être approfondi pour permettre une réelle mesure de l’ampleur du problème, et donc un encadrement et des compensations adéquates.
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Source:
www.lemonde.fr




