Les hommes sont aussi concernés par le cancer du sein, ce que nous rappelle Julie Kern dans ce podcast de la Santé sur écoute. © Futura
Le cancer du sein reste le cancer le plus diagnostiqué chez les femmes à l’échelle mondiale. Une étude publiée dans la revue The Lancet Oncology, portant sur 204 pays sur plus de trente ans, dresse un constat alarmant : les inégalités face à cette maladie se creusent dangereusement.
Entre progrès spectaculaires dans les nations aisées et aggravation dramatique dans les pays à faibles revenus, le fossé ne cesse de s’élargir.
Un fossé mondial qui se creuse entre pays riches et pays pauvres
En 2023, environ 2,3 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein dans le monde, entraînant 764 000 décès. Près d’un cancer féminin sur quatre diagnostiqué cette année-là était un cancer du sein.
Dans les pays à hauts revenus, des décennies d’investissement dans le dépistage précoce et les traitements ont permis de réduire la mortalité de près de 30 % entre 1990 et 2023. À l’inverse, dans les pays les plus pauvres, cette mortalité a quasiment doublé sur la même période, tandis que le taux de diagnostic bondissait de 147 %.
Dans les pays à hauts revenus, des décennies d’investissement dans le dépistage précoce et les traitements ont permis de réduire la mortalité de près de 30 % entre 1990 et 2023
L’Afrique subsaharienne centrale et occidentale affiche les chiffres les plus préoccupants : environ 35 décès pour 100 000 femmes par an, soit plus du double de la moyenne mondiale. « Les résultats des patients dépendent du pays dans lequel ils vivent, résume le Dr Kamal Menghrajani, oncologue au Massachusetts General Hospital. Et ça ne devrait pas être le cas ».
Cette disparité s’explique par un manque criant d’infrastructures médicales. En 2020, seulement la moitié des pays africains disposaient d’un service de radiothérapie externe, la forme de traitement la plus courante contre le cancer du sein. Aucun ne possédait une capacité suffisante pour répondre aux besoins de sa population.
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Là où la radiothérapie est absente, la mastectomie devient souvent l’unique recours. Mais sans soins postopératoires ni thérapies complémentaires, même la chirurgie reste insuffisante. À cela s’ajoute le coût prohibitif de certains médicaments : un traitement standard au trastuzumab, une thérapie ciblée courante, peut représenter l’équivalent de dix ans de revenu moyen dans certains pays.

Les cas de cancers du sein pourraient dépasser 3,5 millions d’ici 2050 en raison des inégalités qui se creusent dans le monde face à cette maladie : manque d’infrastructures médicales, absence de suivi post-opératoire, coût prohibitif des médicaments… © Pixelfit, iStock
Agir sur les inégalités et réduire son risque individuel
Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini trois piliers fondamentaux dans son Initiative mondiale contre le cancer du sein :
Détecter les cancers le plus tôt possible.Garantir un diagnostic rapide après l’apparition des premiers symptômes.Assurer un accès à une prise en charge complète et coordonnée.
Les chercheurs soulignent que la volonté politique et les investissements sont indispensables pour atteindre l’objectif de l’OMS : une réduction annuelle de 2,5 % de la mortalité mondiale. Même aux États-Unis, les femmes noires présentent un taux de mortalité 40 % plus élevé que les femmes blanches, malgré des infrastructures de pointe.

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À l’échelle individuelle, plusieurs ajustements du mode de vie permettent de réduire le risque de développer un carcinome mammaire : limiter la consommation de viande rouge, arrêter le tabac, contrôler sa glycémie, maintenir un poids sain, réduire l’alcool et pratiquer une activité physique régulière. Ces mesures ne garantissent pas une protection totale, car la majorité des causes du cancer du sein restent indépendantes du style de vie.
Pour le dépistage, la mammographie tous les deux ans dès 40 ans reste la recommandation clé. Toute femme remarquant un changement inhabituel (masse, modification cutanée, anomalie du mamelon) doit consulter sans attendre.
Sans une mobilisation mondiale urgente et équitable, des millions de femmes continueront de mourir d’une maladie que l’on sait pourtant traiter.
Source:
www.futura-sciences.com





