Alors que les usines ferment en Europe ou aux États-Unis happées par la féroce concurrence asiatique, l’OCDE dresse un constat sans appel : la Chine n’a jamais autant subventionné ses propres entreprises, avec de l’argent public, pour doper au maximum leur compétitivité !
Publié le : 02/06/2026 – 08:05
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Un rapport publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et présenté lundi 1er juin, a compilé les bilans financiers de grandes entreprises internationales dans quinze secteurs clefs comme l’automobile, l’aluminium ou les engrais. Résultat : 60% des gains de parts de marché mondiales des entreprises chinoises s’expliquent par les aides publiques qu’elles ont reçu. Du coup, pour les concurrents, impossible de rivaliser face à une telle force de frappe qui biaise l’économie mondiale.
« Soutien » chinois massif
Entre 2005 et 2024, les entreprises chinoises ont reçu en moyenne « un soutien public trois à huit fois plus important que celles basées » dans les 38 pays membres de l’OCDE, explique l’organisation. Encore, cette estimation est-elle « prudente »… Ce constat accablant s’appuie sur une importante base de donnée, appelée MAGIC, pour « Manufacturing Groups and Industrial Corporations ».
Pour la nourrir, l’Organisation de coopération et de développement économiques a compulsé les rapports financiers de 525 grandes entreprises internationales de quinze secteurs industriels clés : aéronautique et défense ; aluminium ; automobile ; ciment ; chimie ; engrais ; verre et céramiques ; machinerie lourde ; semi-conducteurs ; construction navale ; panneaux photovoltaïques ; acier ; équipements de télécommunications ; matériel roulant ; éoliennes. « Depuis deux ans, la base est partagée de manière confidentielle » avec les gouvernements des 38 pays membres de l’organisation, explique un autre expert de l’OCDE.
Parmi les chouchous de Pékin : les fabricants de panneaux solaires, d’automobiles ou de batteries ! Ce lundi, le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, dénonce la méthode : « Les subventions permettent d’augmenter les parts de marché, oui, mais sans améliorer la productivité ou la rentabilité ! C’est comme le dopage dans le sport ! Le risque c’est que les subventions aident les joueurs moyens à gagner injustement au détriment de joueurs meilleurs, plus innovants et plus efficaces. »
La Chine bat tous les records de subventions
Et en matière de subventions, la Chine bat tous les records: « Entre 2005 et 2024, les entreprises basées en Chine ont reçu en moyenne trois à huit fois plus de soutien gouvernemental que celles des pays de l’OCDE, dit encore le le secrétaire général de l’organisation basée à Paris. Et ces subventions ne sont pas qu’une question fiscale. Elles sont en train de remodeler les marchés mondiaux ! »
L’OCDE note ainsi que les subventions permettent aux chinois d’inonder et saturer le marché de certains produits à bas coûts. « Les aides publiques accroissent la part de marché, mais ne conduisent pas à une meilleure productivité ou rentabilité », a détaillé M. Cormann. Dit autrement, « les entreprises n’ont pas gagné les marchés en étant plus efficaces ou innovants, mais en étant plus massivement subventionnées ». Les gouvernements allemand, français, australien, américain, japonais, israélien ou britannique – parmi la liste des membres de l’OCDE – peuvent toujours tenter de combler l’écart en subventionnant leurs propres champions.
Mais au vu des conditions dont bénéficient les entreprises chinoises, ce soutien peut s’apparenter à « remplir » le tonneau des Danaïdes. L’OCDE appelle néanmoins ses 38 membres à trouver des solutions au plus vite.
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Source:
www.rfi.fr






