Le président Tshisekedi a dit qu’il serait d’accord pour un troisième mandat si le peuple le demande. Il a dit aussi qu’il allait demander aux gens ce qu’ils en pensent avec un référendum. Quelques semaines après le vote d’une loi sur la convocation d’une assemblée constituante et l’organisation d’un référendum sur le changement de constitution, la loi a été approuvée par l’Assemblée nationale et le Sénat. Le problème, c’est que la constitution interdit à Tshisekedi de se présenter pour un troisième mandat en 2028. En 2015 et 2016, le gouvernement belge a dit qu’il fallait changer la Constitution et organiser sans délai des élections présidentielles. Aujourd’hui, on n’entend rien de tel.
Pire encore, le 12 juin, lors d’une journée de protestation contre ce changement, les rues de Kinshasa ont été le théâtre d’une répression violente. L’organisation Justice et Paix Congo (JPC) a publié un rapport le lundi 12 juin 2026. Ce rapport parle de la mort de deux personnes lors d’une manifestation à Kinshasa. L’une des personnes est morte à cause d’une balle, l’autre à cause de coups de bâtons et de pierres. Il y a aussi eu de nombreuses personnes blessées et arrêtées. Le rapport parle aussi d’extorsion de biens pour la branche jeunesse de l’UDPS, l’Union pour la démocratie et le progrès social. Une réunion de mobilisation a eu lieu le 11 juin dans la commune de Limete. Le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a signé un document qui demande au gouvernement national de arrêter cette milice (qui, d’après JPC, « agit en plein jour ») et d’enquêter de son côté.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, se dit être « interpellé par cette violence » et prend note « avec satisfaction de l’enquête annoncée » par le gouvernement. Aucun mot sur le pourquoi de ces protestations. Et aucune condamnation de la milice du régime, les Forces de progrès, qui ont organisé la violence avec la police. Plusieurs organisations, comme Justice et Paix, un groupe lié à l’Église catholique, ASADHO (une organisation qui défend les droits de l’homme) et le mouvement Lucha, demandent une enquête indépendante. Mais le gouvernement belge se contente d’une enquête organisée par le gouvernement qui a organisé la répression.
Depuis plusieurs mois la répression contre l’opposition a monté : de nombreuses arrestations extra-judiciaires, sans que ni la famille, ni les militants politiques sachent où se trouvent les personnes arrêtées pendant de longues périodes. De plus en plus de militants de l’opposition cherchent l’asile politique en Europe. Mais aussi là, les menaces et violence les poursuit. On a constaté que des personnes ont été condamné à 4 ans de prison pour avoir agressé un journaliste qualifié de journaliste de l’opposition. Aussi d’autres réfugiés politiques en Belgique ont été agressé physiquement par des proches de la famille présidentielle.
Après le vote au sénat de la loi référendaire, l’opposition a annoncé une marche pour exiger la démission de Félix Tshisekedi, qu’elle accuse de trahison et de violation de la Constitution. Le jour après, Thsisekedi a profité de la victoire de l’équipe nationale de football au champion mondial à Houston contre l’équipe portugais, pour tenir un discours extrêmement offensif appelant son prédécesseur, Joseph Kabila, un »chien en service du Rwanda » et traitant l’opposition à Kinshasa comme des ennemies aussi important que le Rwanda.
En plus, malgré plusieurs accords signé pour un cessez-le-feu avec le mouvement rebelle AFC/M23 et malgré le retrait par ces rebelles vers la ligne de front d’avant le 4 décembre ; Tshisekedi a annoncé à Houston la reconquête des villes de Goma et de Bukavu, occupés par ces rebellions.
Devant ces signes inquiétants d’une évolution vers une dictature néocoloniale, le gouvernement belge se content d’une silence ou de quelques déclarations symboliques. La raison et bien expliqué par le ministre de Défense et de commerce internationale, Theo Francken qui écrivait sur son facebook le 1 décembre : « Au cours des dernières décennies, nous nous sommes mis nous-mêmes hors jeu en Afrique en adoptant une approche trop moralisatrice. Cela a entraîné l’abandon de projets importants, qui ont ensuite été récupérés par la Chine, qui se construit ainsi des monopoles dangereux sur des minerais essentiels à la production industrielle. La politique africaine belge et européenne doit reposer sur le sens des réalités plutôt que sur des vœux pieux. »






