Parti d’Ushuaïa, dans le sud de l’Argentine, il y a trois semaines, le navire stationnait toujours dimanche soir au large du Cap-Vert. Quelque 150 touristes se trouvent à bord.
Une « grave situation médicale » et beaucoup de questions. Trois passagers du navire de croisière MV Hondius sont morts lors d’une traversée de l’Atlantique, a rapporté, dimanche 3 mai, la compagnie maritime Oceanwide Expeditions, qui gère le bateau. Une autre personne est hospitalisée, en Afrique du Sud, et deux membres de l’équipage « nécessitent des soins médicaux urgents ».
Le bilan a été confirmé à l’AFP par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agence onusienne soupçonne un possible foyer de hantavirus, une infection qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Un seul cas positif parmi les malades a, pour l’heure, été officiellement confirmé. Le navire, qui peut accueillir jusqu’à 170 passagers, stationne depuis au moins 24 heures au large du Cap-Vert. Franceinfo vous résume la situation.
Le navire de croisière reliait l’Amérique du Sud à l’Afrique
Parti d’Ushuaïa, au sud de l’Argentine, le MV Hondius avait pour destination le Cap-Vert, archipel situé au large de l’Afrique de l’Ouest. Cité par l’agence de presse américaine Associated Press, le ministère de la Santé sud-africain précise que la croisière a débuté il y a trois semaines, avec notamment des escales en Antarctique et aux îles Malouines. Quelque 150 touristes se trouvent à bord.
Géré par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, spécialiste des croisières dans l’Arctique et l’Antarctique, le navire peut accueillir 170 passagers et compte environ 70 membres d’équipage. Il apparaît en ligne sur les sites de plusieurs agences de voyages, installées notamment en Argentine ou au Royaume Uni.
Le MV Hondius se trouvait lundi matin juste en face du port de Praia, capitale du Cap-Vert, selon le site de géolocalisation Marine Traffic. Il y est resté au moins ces dernières 24 heures, selon les données disponibles. Dans son communiqué publié dimanche soir, Oceanwide Expeditions souligne que « les autorités locales apportent leur aide mais n’ont autorisé personne à débarquer ».
Un seul cas de hantavirus confirmé
Pour l’heure, « un cas d’infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire », a déclaré l’OMS à l’AFP. Le passager positif, un Britannique de 69 ans, est hospitalisé à Johannesburg, a précisé Foster Mohale, porte-parole du ministère de la Santé sud-africain. « Cinq autres cas sont suspectés », ajoute l’agence de santé internationale.
Un croisiériste de 70 ans a été le premier à présenter des symptômes. Il est décédé à bord du navire et son corps a été débarqué sur l’île de Sainte-Hélène, territoire britannique dans l’océan Atlantique sud, a affirmé Foster Mohale. Son épouse, âgée de 69 ans, est également tombée malade à bord du navire et a été évacuée vers l’Afrique du Sud. Elle y est morte dans un hôpital de Johannesburg, après avoir perdu connaissance à l’aéroport alors qu’elle tentait de rentrer aux Pays-Bas, précise le ministère sud-africain de la Santé, cité par Associated Press.
Peu d’informations sont disponibles au sujet de la troisième personne décédée. Son corps se trouvait toujours à bord du navire dimanche soir, selon Oceanwide Expeditions. L’homme britannique soigné à Johannesburg, lui, avait déclaré des symptômes après le départ du MV Hondius de Sainte-Hélène, et avait été évacué vers l’Afrique du Sud depuis l’île de l’Ascension, également située dans l’Atlantique sud.
« L’OMS organise l’évacuation médicale de deux passagers présentant des symptômes, procède à une évaluation complète des risques et apporte son soutien aux personnes concernées à bord », a détaillé dimanche soir le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur X. Selon Oceanwide Expeditions, les « deux personnes malades à bord nécessitant des soins médicaux urgents sont des membres d’équipage ». La compagnie dit préparer leur rapatriement aux Pays-Bas, ainsi que celui du corps du passager toujours à bord, mais l’opération nécessite notamment l’autorisation du Cap-Vert.
Une infection transmise par des rongeurs
Les hantavirus se transmettent à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés, tels que des souris ou des rats, qui excrètent le virus par la salive, l’urine et les excréments. Une morsure ou un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections peuvent provoquer une infection, mais celle-ci vient le plus souvent de l’inhalation de poussière contaminée.
Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires… La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs, leurs sécrétions et excrétions. Ils peuvent provoquer des syndromes respiratoires, mais aussi des fièvres hémorragiques à syndrome rénal, détaille Santé publique France. « Aucune transmission interhumaine n’a été décrite à ce jour, excepté pour l’hantavirus sud-américain Andes », ajoute l’agence française.
« Bien que rare, les hantavirus peuvent se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Ils nécessitent une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés », a expliqué l’OMS. Selon le site de l’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP), « un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre » entre les humains.
Interrogé par le média australien ABC, l’épidémiologiste Paul Griffin, professeur de médecine à l’université du Queensland (Australie), estime qu’il y a entre 150 000 et 200 000 cas dans le monde chaque année. Il précise qu’il existe deux principaux types de hantavirus, l’un associé à un taux de mortalité de 1 à 10%, et l’autre à un taux bien plus élevé, entre 35 et 40%.
Une enquête lancée par l’OMS
Signe de l’inquiétude autour de la situation, l’agence onusienne a immédiatement lancé « des investigations approfondies ». « Il est vraiment très important qu’on comprenne ce qui se passe, qu’on s’assure que le problème est contenu et ne se propage pas ailleurs », explique Paul Griffin à ABC.
L’OMS déclare ainsi que des analyses de laboratoire complémentaires et des enquêtes épidémiologiques vont être menées. « Une prise en charge médicale et un soutien sont assurés aux passagers et à l’équipage. Le séquençage du virus est également en cours », ajoute-t-elle.
Source:
www.franceinfo.fr






