Le gouvernement français a promis le 30 avril 2026 de réexaminer le statut des « Padhue », ces médecins à diplôme étranger, notamment algériens, contraints de repasser des concours pour être titularisés. Il entend notamment « simplifier » la procédure visant à titulariser ces médecins, après que le président Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur leur sort. Tour d’horizon d’un système complexe :
Qui sont-ils ?
Les « Padhue », acronyme de Praticiens à Diplôme Hors Union Européenne, exercent en France mais ne bénéficient pas du « plein exercice », donc des mêmes conditions de travail et de revenu que les diplômés en Europe. Urgentistes, psychiatres, gynécologues, généralistes, gériatres… Depuis plus de 20 ans, la désertification médicale a conduit de nombreux établissements à en recruter.
Théoriquement, ils travaillent sous la supervision d’un médecin titulaire. Mais dans beaucoup d’hôpitaux, ils font tourner des services en tension et exercent des fonctions similaires à celles de médecins seniors, selon les syndicats. D’après le syndicat des internes (ISNI), ils travaillent en moyenne 50-75 heures/ semaine, sous des statuts précaires aux rémunérations très inférieures à leurs confrères.
Leur nombre a grossi pendant l’épidémie de Covid-19, quand l’hôpital exsangue cherchait des renforts. Depuis, ils dénoncent leur précarité et instabilité administrative.
Combien sont-ils ?
« Aucune statistique fiable » ne recense leur « nombre exact », écrivait en 2024 l’Ordre des médecins au député LFI (gauche radicale) Damien Maudet, auteur d’un rapport sur le sujet. En compilant plusieurs sources, le député a évalué leur nombre à plus de 10.000 en 2024. En 2023, la Fédération hospitalière de France (FHF) en comptabilisait elle 7.000. Interrogé, le ministère de la Santé n’a pas communiqué de chiffres.
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Comment sont-ils titularisés ?
Pour voir leur diplôme reconnu, ils doivent obtenir une « autorisation de plein exercice », via un concours annuel puis une longue procédure. Ces contraintes visent, selon l’Académie de médecine et l’Ordre, à garantir « la qualité et la sécurité » des soins.
Le concours, baptisé épreuves de vérification des connaissances (EVC), a longtemps mis en concurrence les médecins déjà en France et ceux qui candidataient depuis l’étranger. Il a été réformé en 2025. Désormais, les médecins déjà en poste passent un concours « interne » et sont prioritaires sur l’essentiel des postes disponibles. Une « voie externe » plus sélective existe pour ceux n’ayant pas d’expérience en France.
Le jury a retenu cette année 1.863 lauréats : 1.425 sur 1.935 participants au concours « interne » et 438 sur 4.040 candidats à la voie « externe », selon le Centre national de gestion. Une fois lauréats, les « Padhue » entament un « parcours de consolidation des compétences » (PCC), sorte de stage de deux ans (qui peut être raccourci de 18 mois maximum, sous conditions), avant d’être autorisés ou non à exercer par une commission dédiée.
La procédure est souvent critiquée, accusée de les maintenir longtemps dans des conditions de travail indécentes. Ses détracteurs appellent à exempter les « Padhue » de concours et faire reconnaître leurs compétences par des pairs. Mercredi, l’exécutif a promis de « simplifier » les procédures avec l’idée de « sortir de cette logique de concours ».
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Et en cas d’échec ?
Un régime dérogatoire a longtemps permis de les embaucher pendant plusieurs années, sous divers statuts rémunérés entre 1.500 et 2.200 euros mensuels. Désormais obligés de passer le concours, ils peuvent, dans l’attente, demander des autorisations temporaires. Une loi de 2023 a créé le statut de praticien associé contractuel temporaire (PACT), sous lequel les médecins expérimentés peuvent travailler 26 mois au maximum, pour 31.204,37 euros bruts annuels. Des hôpitaux emploient toujours des « Padhue » sous d’autres statuts plus précaires, selon des syndicats et élus.
Que deviennent les anciens Padhue ?
Au 1er janvier 2026, les ex-« Padhue » devenus titulaires représentaient 9,2% des médecins en activité régulière (environ 19.000 praticiens), contre 4,1% en 2010, a indiqué a l’AFP l’Ordre des médecins.
Selon une étude de 2025, ils sont diplômés en majorité d’Algérie (38,6% des « Padhue actifs réguliers », Tunisie (16%), Syrie (8,3%), Maroc (6,8%) ou Liban (4,2%). Toujours selon cette étude, les spécialités les plus représentées sont la médecine générale (19,6% des Padhue « actifs réguliers »), la psychiatrie (8,8%) ou l’anesthésie-réanimation (7,9%).
Source:
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