Annonce publicitairespot_imgspot_img

Airbus, Thales, Dassault, LVMH… Le portefeuille d'actions bien rempli de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut

La ministre a déclaré plus de 150 000 euros d’actions auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, via un compte PEA. Son cabinet assure que la HATVP a considéré cette situation conforme.


Publié le 23/04/2026 12:28



Mis à jour le 23/04/2026 15:13

Temps de lecture : 4min

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à Matignon le 1er avril 2026. (TELMO PINTO / NURPHOTO / AFP)

C’est ce qui s’appelle un portefeuille d’actions bien diversifié. Les déclarations d’intérêts et de patrimoine des membres du gouvernement de Sébastien Lecornu ont été publiées lundi 20 avril par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Si la majorité de l’exécutif n’a pas ou peu d’actions à déclarer, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a, elle, déclaré 27 participations au capital de grandes sociétés, en plus de participations dans une société civile immobilière (SCI) et une société civile (SC).

Au total, Monique Barbut possède ainsi 153 362 euros d’actions dans des entreprises diverses, d’après la HATVP. La ministre a par exemple 3 986 euros de parts chez Inditex, un groupe espagnol qui possède les plus grandes marques de fast-fashion du monde (Zara, Stradivarius, Bershka, Pull&Bear…). Toujours dans le secteur de la mode et de la beauté, on retrouve également LVMH, le groupe de luxe de Bernard Arnault, ainsi que L’Oréal. La ministre a également 11 979 euros d’actions dans le secteur de l’aéronautique et de l’armement, dont 6 177 euros chez Airbus, 474 euros chez Thales et 1 328 euros chez Dassault Systèmes.

L’ancienne présidente de l’association environnementale WWF détient aussi 69 411 euros d’actions dans plusieurs banques et assurances comme Axa, BNP Paribas ou la Bred, qui représente à elle seule 50 130 euros d’actions, d’après les évaluations de la Haute Autorité.

De tels investissements sont-ils compatibles avec la fonction de ministre de la Transition écologique ? En 2024, Inditex était par exemple accusé dans une enquête de l’ONG britannique Eartsight d’être « lié », via Zara, à des activités de déforestation illégale à grande échelle au Brésil. Dans le secteur de l’énergie, la ministre détient 2 398 euros de parts chez Iberdrola, « le plus grand fournisseur d’électricité d’Europe en termes de capitalisation boursière », d’après le site de l’entreprise. En France, la société espagnole est à l’origine du parc éolien en mer en baie de Saint-Brieuc, un projet qui a suscité la colère des pêcheurs et des associations écologistes locales.

Interrogé à ce sujet par franceinfo, le cabinet de Monique Barbut assure que la ministre ne gère pas directement ces investissements : « La ministre a déclaré détenir un plan d’épargne en actions (PEA), qui constitue une enveloppe d’investissement. Ce PEA est confié à sa banque dans le cadre d’un mandat de gestion excluant tout droit de regard de sa part pendant la durée de ses fonctions ». Son équipe balaie ainsi tout risque de conflits d’intérêts. « Ce dispositif vise précisément à prévenir toute situation de conflit d’intérêts, en garantissant l’absence d’intervention et d’information sur la gestion des actifs financiers », précise son cabinet. L’entourage de la ministre ajoute que la HATVP n’a pas demandé de mesure complémentaire concernant un éventuel déport de Monique Barbut sur des sujets impliquant ces différentes entreprises.

Cette situation interpelle tout de même l’association de lutte contre la corruption, Anticor. « Les ministres ont tout à fait le droit d’avoir des intérêts personnels, mais leurs décisions publiques et leur action de ministre doivent être guidées uniquement par l’intérêt public », estime Inès Bernard, déléguée générale de l’association. Selon elle, la logique voudrait donc que la ministre prenne elle-même la décision de se déporter le cas échéant : « Elle a des intérêts financiers dans ces entreprises. Donc, elle doit se mettre à l’écart des décisions qui les concernent. »


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img