Deux jours après l’annonce, par le ministère de l’intérieur, d’une intrusion informatique au sein de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), l’ampleur des données concernées par ce piratage reste inconnue. Lundi 20 avril, les autorités rendaient publiques le « hacking » du site de l’ANTS, interface majeure des démarches pour l’obtention des titres d’identité, survenu cinq jours plus tôt, mercredi 15 avril, évoquant un « incident de sécurité ». Dans un point d’étape effectué mardi, qui se borne pour l’essentiel à reprendre les informations publiées lundi, le ministère de l’intérieur précisait qu’« à ce stade, les investigations menées excluent la divulgation de données complémentaires transmises dans le cadre de la réalisation des différentes démarches, telles que les pièces jointes et les données de biométrie ».
Dans un courriel envoyé, mercredi 22 avril, à certaines personnes concernées par la fuite et que Le Monde a consulté, le ministère évoque un « accès non autorisé » à des données personnelles. Autrement dit, quelqu’un a pu accéder frauduleusement à de nombreuses données de l’ANTS. Il reste à savoir s’il a eu le temps et les moyens d’extraire des informations. Au total, pas moins de 11,7 millions de comptes auraient ainsi été exposés, toujours selon la Place Beauvau.
Les données exposées concernent l’« identifiant de connexion, civilité, nom, prénoms, adresse électronique, date de naissance, identifiant unique du compte », ainsi que, dans certains cas, l’adresse postale, le lieu de naissance et le numéro de téléphone. Le ministère assure que ces données, si elles peuvent être utilisées à des fins malveillantes comme des tentatives de hameçonnage, ne permettent pas d’accéder aux comptes des particuliers sur sa plateforme. Malgré cela, l’ANTS suggère à ses usagers de changer le mot de passe de leur compte, et les incite à « la plus grande vigilance quant aux prochains messages suspects ou inhabituels qu’ils pourraient recevoir (SMS, appel, e-mail, etc.) émanant en apparence de l’ANTS ».
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Source:
www.lemonde.fr





