Publié le 19/04/2026 22:34
Mis à jour le 19/04/2026 22:55
Temps de lecture : 3min – vidéo : 4min
En France, de plus en plus d’enfants et de préadolescents ont une véritable routine constituée de produits pour la peau. Mais souvent, ces derniers n’ont aucune raison d’être utilisés par les plus jeunes, et peuvent même comporter des risques, comme la multiplication accrue du risque de développer des allergies.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Chaque matin, c’est le même rituel pour Léna, 10 ans. La petite fille n’est qu’en CM2, mais avant d’aller à l’école, elle applique depuis un an un nettoyant, une brume visage, une crème hydratante, une crème solaire, un baume à lèvre et du gloss. Six produits de skincare, des soins de peau décriés par les médecins, mais qui font fureur chez les enfants. Sur les réseaux sociaux, devant 50 000 personnes, Léna vante des produits de beauté. Mais à son âge, à quoi ça sert ? « De plus en plus jeunes, elles adorent prendre soin d’elles et faire vraiment les petites ‘girlies’. Moi, je préfère lui dire oui, je vais le faire et je t’accompagne plutôt qu’elle le fasse derrière mon dos », explique Laurie Fernandez, maman de Léna.
Sur la toile, les préadolescents accros aux cosmétiques s’affichent plein pot. Selon une étude américaine, certaines dépensent jusqu’à 145 euros par mois. Une génération influencée par la K-pop coréenne et la peau parfaite de leurs idoles. Une boutique de produits de beauté coréens a ouvert il y a un mois à Montpellier (Hérault). Comme Lou, 14 ans, les ados accourent. « Ça donne une peau un peu parfaite, qui brille, sans imperfections », assure-t-elle. Et chez Sephora, comme aux États-Unis, de plus en plus de jeunes dans les rayons.
En Italie, les autorités ont ouvert une enquête. Elles soupçonnent la marque de promouvoir des cosmétiques pour adultes auprès d’enfants et d’adolescents. Nous avons fait le test en France en caméra cachée. À une vendeuse, nous montrons des vidéos d’influenceuses et demandons conseil pour une enfant de 11 ans. « Il y a ça qui est très bien, c’est un toner. Et ça, les petites filles adorent », nous recommande-t-elle. Ou un produit à base d’acide hyaluronique, réputé anti-âge.
Contacté, Sephora se défend et assure : « L’expérience que vous décrivez ne correspond en rien à nos standards. Des consignes strictes vont être rappelées à toutes nos équipes et nous nous engageons à renforcer nos contrôles internes ».
Ces cosmétiques que l’on nous a conseillés, nous les avons montrés à un dermatologue. Selon lui, plus l’enfant en met, plus il prend de risques. « Multiplicité de produits, dit multiplication du risque de développement d’allergies. Il n’y a pas de raison médicale ou même physiologique à ce que l’enfant applique quelque chose sur la peau. Il ne faut surtout pas croire qu’en faisant ça à 10 ans, on va protéger sa peau à 40 ans ou 50 ans », détaille le professeur Pierre Vabres, de la Société française de dermatologie.
D’ici à 2030, le marché devrait croître de 10 milliards d’euros selon les experts. En ciblant les enfants, le business des cosmétiques s’offre une nouvelle jeunesse.
Budget dépensé par les adolescents
Sephora visé par une enquête de l’autorité de la concurrence italienne
Projection de l’évolution du marché mondial des cosmétiques
Liste non exhaustive.
Source:
www.franceinfo.fr





