La comédienne, dont on a appris la mort ce samedi, avait joué dans une centaine de films, de Truffaut à Spielberg, et jusqu’à ces dernières années. En voici une sélection, où, que ce soit dans un premier ou un second rôle, elle marqua l’écran.
Dans « Vénus Beauté (Institut) », de Tonie Marshall (1999). Prod DB/Pyramide
Publié le 18 avril 2026 à 14h26
Mis à jour le 18 avril 2026 à 17h07
Malade depuis plusieurs mois, Nathalie Baye s’est éteinte chez elle vendredi 17 avril, à 77 ans. Voici quelques uns de ses rôles marquants.
“La Nuit américaine”, de François Truffaut (1973)

Walter Bal, François Truffaut et Nathalie Baye dans les studios niçois de la Victorine, recomposé en décor parisien. Les Films du Carrosse
Les coulisses d’un tournage, un ballet virtuose où se confondent vraie vie et fiction. Sous les imposantes lunettes de la scripte imposées par François Truffaut, Nathalie Baye apporte une singularité, une diction mélodieuse, une aura discrète… Naissance d’une actrice.
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“La Nuit américaine”, de François Truffaut : une déclaration d’amour à son métier ?
“La Gueule ouverte”, de Maurice Pialat (1974)

Avec Philippe Léotard. Les Films de la Boetie – Lido Fi / Collection Prod DB
Autour d’une mère malade, un mari, leur fils (Philippe Léotard) et sa copine (Nathalie Baye) accompagnent ses derniers instants. Un film d’un pessimisme radical, sans tabou, qui fut rejeté à sa sortie, mais qui permit à la jeune comédienne de rencontrer un futur monstre sacré de la mise en scène.
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“La Gueule ouverte” : une parfaite introduction à l’œuvre de Pialat
“Sauve qui peut (la vie)”, de Jean-Luc Godard (1979)

Photo by Sara Films/ MK2/ Gaumont/Collection Christophel
Sophistiqué, rugueux et choral, ce pur film de maître, dont une scène d’attouchements collectifs fit scandale, marqua le retour gagnant de Godard au grand écran. Premier César (du meilleur second rôle) pour l’actrice.
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Sauve qui peut (la vie)
“Une semaine de vacances”, de Bertrand Tavernier (1980)

Avec Michel Galabru. Little Bea/Sara Films
Une chronique naturaliste, sur un éternel sujet de société (le quotidien des profs) avec une galerie de personnages fragiles, dont Nathalie Baye, au centre, touchante en enseignante qui craque. Une image de fille trop gentille s’installe, dont elle cherchera à se défaire ensuite.
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“Une semaine de vacances”, de Bertrand Tavernier : notre critique
“La Balance”, de Bob Swaim (1982)

Avec Philippe Léotard. Les Films Ariane/ Georges Pierr/Collection Christophel
À époque, ce polar où les flics emploient des méthodes peu réglementaires enthousiasma le public. Le film est pourtant oubliable, mais Nathalie Baye remporta, grâce à son rôle de prostituée à la langue bien pendue, son premier César de la meilleure actrice.
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“La Balance”, de Bob Swaim : un polar qui pèse pas lourd
“Notre histoire”, de Bertrand Blier (1984)

Prod DB/Sara Films/Adel Productions
Dans cette comédie au burlesque trouble, les personnages sont ballottés dans une cascade de péripéties surréalistes, qui engendre le malaise autant que la surprise. Face à un Delon dépressif, Baye est lumineuse, mais trop souvent utilisée comme faire-valoir de son prestigieux partenaire.
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“Notre histoire”, de Bertrand Blier : notre critique
“Un week-end sur deux”, de Nicole Garcia (1990)

Sara Film / DR
Le portrait d’une ex-vedette qu’on ne voit plus et vit de petits contrats. Un soir elle prend sa voiture et emmène en douce les enfants… Une dérive vers le désespoir, puis un retour à la vie. Enfin un regard féminin sur Nathalie Baye, transfigurée et captivante par son seul jeu.
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Un week-end sur deux
“Vénus Beauté (Institut)”, de Tonie Marshall (1999)

Avec Audrey Tautou et Mathilde Seigner. David Koskas
Le film couvert de Césars qui relança spectaculairement la carrière de Nathalie Baye, en employée célibataire d’un salon de beauté. Dans ce mélo burlesque, de la férocité, mais surtout pas mal de tendresse et beaucoup d’humour. Et une attention miraculeuse aux moindres gestes de la grande actrice.
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“Vénus Beauté (Institut)”, de Tonie Marshall : notre critique
“La Fleur du mal”, de Claude Chabrol (2003)
Jérémie Nassif / Canal+ – MK2
La famille Charpin-Vasseur, installée vers Bordeaux, garde ses secrets depuis trois générations… La seule collaboration de Nathalie Baye avec Chabrol : un rôle truculent et piquant couronné par un nouveau succès en salles.
“Le Petit Lieutenant”, de Xavier Beauvois (2005)

Why Not Productions
Un policier novice, (Jalil Lespert), jeune provincial, est affecté dans l’équipe du commandant Vaudieu, ancienne alcoolique, toujours guettée par ses démons. Une immersion dans le quotidien des flics où Nathalie Baye est à nouveau au sommet. Second César de la meilleure actrice.
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Le Petit Lieutenant
“Arrête-moi si tu peux”, de Steven Spielberg (2002)

Steven Spielberg et Nathalie Baye sur le tournage. Magellin – Bungalow 78
Dans ce film virtuose sur un, escroc de génie, à la fois insaisissable et infantile, Nathalie Baye joue la mère de Leonardo DiCaprio, seule actrice française à décrocher un rôle de poids chez le cinéaste superstar Steven Spileberg.
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“Arrête-moi si tu peux” : incroyablement rocambolesque, mais vrai !
“Juste la fin du monde”, de Xavier Dolan (2016)

Shayne Laverdière/Sons of Manua
Après Laurence Anyways, déjà signé par le jeune prodige québécois, Nathalie Baye retrouve Xavier Dolan, en matriarche malicieuse et fêlée, parmi le casting « all stars » de Juste la fin du monde, adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce, qui remporta le Grand Prix à Cannes et rassembla un million de spectateurs français.
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“Juste la fin du monde”, de Xavier Dolan : un geste artistique fort et ambitieux
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Source:
www.telerama.fr





