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“Ministre de la pègre” : Roberto Saviano l'emporte contre Matteo Salvini

Roberto Saviano a été relaxé par le tribunal dans l’affaire de diffamation engagée par Matteo Salvini après que l’écrivain l’eut qualifié en 2018 de « ministre de la pègre » (ou minisgtre de la mafia, ce qui ne change pas grand chose).

La décision, rendue le 17 avril par la juge Chiara Bocola, clôt un contentieux devenu un marqueur de la tension entre controverse politique, parole d’auteur et recours judiciaire contre la critique. Le tribunal a estimé que l’infraction n’était pas constituée, car le dossier portait sur des publications diffusées sur les réseaux sociaux en 2018.

Une formule devenue affaire pénale

Le point de départ remonte au premier gouvernement Conte, lorsque Salvini occupait l’Intérieur. Selon il manifesto, l’affrontement s’inscrivait dans une séquence où le dirigeant de la Ligue avait publiquement évoqué la possibilité de retirer la protection policière de Saviano, menacé depuis des années par la Camorra.

C’est dans ce contexte que l’auteur avait repris l’expression « ministre de la pègre », en la rattachant à Gaetano Salvemini, qui l’avait employée contre Giovanni Giolitti plus d’un siècle auparavant.

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L’audience du 17 avril a aussi donné la mesure de l’écart entre l’accusation et le jugement. Comme l’indique il manifesto, le procureur Sergio Colaiocco avait requis une amende de 10.000 euros, tandis que la partie civile en réclamait dix fois plus. Après une heure et demie de délibéré, la juge a retenu que « le fait n’existe pas et ne constitue pas une infraction ».

À la sortie, Saviano a replacé le verdict sur le terrain de la liberté critique. Dans la vidéo relayée par la Repubblica, il affirme qu’il s’agissait de « mon plein droit à la critique ». D’après Domani, l’écrivain a aussi soutenu que « la propagande politique ne peut pas devenir un instrument pour faire taire ceux qui critiquent ».

Un jugement, puis une surenchère

Saviano a ajouté que cette procédure avait pris, à ses yeux, la forme d’une persécution politique. Selon Il Corriere della Sera, l’écrivain a déclaré que Salvini avait, pendant des années, mené campagne contre lui et laissé entendre qu’il pourrait lui retirer son escorte.

il a même estimé que cette attitude revenait à l’exposer aux clans. Cette dimension explique la portée du jugement au-delà d’un litige personnel : l’affaire touche un écrivain dont la notoriété reste liée à son travail sur les mafias et au danger qui l’accompagne.

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La réplique du vice-président du Conseil n’a pas refermé le dossier. Salvini a rappelé avoir combattu « mafia, camorra et » Ndrangheta » lorsqu’il dirigeait l’Intérieur, avant de dénoncer des magistrats « idéologiquement alignés ». Il a annoncé qu’il porterait une autre plainte, ultérieurement.

Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 4.0

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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