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Reims Polar 2026 : entre serial killer, rideau de fer et fait-divers, un palmarès tourné vers l’Est

La sixième édition du festival Reims Polar s’est achevée samedi soir dans la Cité des sacres. Les grands gagnants : un thriller-puzzle japonais, un cauchemar historique polonais et une tragédie slovaque. Suivez le guide.

Doublement primé à Reims, « Disaster », des Japonais Yutaro Seki et Kentaro Hirase, une histoire de tueur caméléon, sorte de « Zelig » du serial killing. © Art House

Par Marie Sauvion

Publié le 06 avril 2026 à 12h22

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Plus de trente ans après, Usual suspects (Bryan Singer, 1995) fait encore des petits : sur les neuf longs métrages projetés en compétition officielle à Reims Polar 2026, deux évoquaient – quitte à boitiller, au sens propre comme au figuré – son génie du mal Keyser Söze. Pour l’un, au moins, la citation a payé : Disaster, du collectif nippon gogatsu, a quitté la Cité des sacres avec le Grand Prix et le Prix Police, un doublé qui devrait rasséréner son distributeur français Art House, et l’encourager à choisir une date de sortie. Apprenant leur victoire samedi, à quelques heures de la cérémonie de clôture, les cinéastes Yutaro Seki et Kentaro Hirase, restés au Japon, se sont empressés d’enregistrer une vidéo de remerciements à l’adresse du festival. Décalage horaire oblige, la bonne nouvelle les a cueillis vers minuit, l’un au sortir de son bain, l’autre d’une salle de gym, et c’est en split screen que le tandem s’est réjoui de l’accueil réservé à ce thriller ludique en forme de puzzle. Soit une histoire de tueur caméléon, sorte de Zelig du serial killing incarné par le fascinant Teruyuki Kagawa, qui a tellement la gueule de l’emploi qu’on n’arrive pas à déterminer s’il fait plus peur quand il sourit ou quand il cesse de sourire.

Au terme de cinq jours de films, d’hommages (Gus Van Sant, Damien Bonnard, Thomas Ngijol, heureux Prix Claude-Chabrol pour Indomptables), de focus sur les tueurs en série ou le polar corse, et, bien sûr, de bulles (les maisons de champagne ayant scrupuleusement veillé à l’hydratation des festivaliers), la présidente du jury, Emmanuelle Devos, n’a pas manqué de relever les passages obligés de ce modeste cru 2026. A savoir « les hectolitres de whishy » engloutis par les protagonistes ; les cigarettes fumées à la chaîne ; le sang, ça va de soi ; les réveils en sursaut après un cauchemar ; « la pluie comme métaphore du chagrin pour des héros qui ne pleurent pas » ; « et la non-parité criante dans le genre des victimes, les femmes emportant le morceau dans ce rôle-là – et pas qu’au cinéma ». Après quoi, c’est à une réalisatrice que l’actrice et ses acolytes ont décerné le Prix du jury pour Winter of the crow, également récipiendaire du prix décerné par les critiques (dont Télérama faisait partie).

« The Winter of the Crow », de Kasia Adamik, saisissante plongée derrière le rideau de fer. © Art House

« The Winter of the Crow », de Kasia Adamik, saisissante plongée derrière le rideau de fer. © Art House

Née à Varsovie en 1972 mais installée en France depuis l’enfance, Kasia Adamik n’est autre que la fille (et le portrait craché) de la cinéaste Agnieszka Holland et elle signe, avec cet « hiver du corbeau », une saisissante plongée derrière le rideau de fer. Bien loin de chez Mike Leigh ou des cruautés raffinées de la série The Crown, la magistrale Lesley Manville, 70 ans, y joue une psychiatre anglaise invitée à exposer ses travaux dans la capitale polonaise, en décembre 1981, pile au moment où le régime communiste décrète la loi martiale. Sans passeport ni billet de retour, la voilà soudain prisonnière d’une dystopie bien réelle, un mauvais rêve d’espionnage, de froid et d’effroi, se distinguant notamment par sa photographie granuleuse et une scène de meurtre à la corde à linge vraiment aux petits oignons.

A l’Est encore mais après la chute du Mur, le letton Red Code Blue, Prix du public, offre pour sa part une énième variation sur la figure du flic débutant confronté à la corruption généralisée de son commissariat. Pas mal, même si trop long (2h28) et archi balisé. A l’Est, enfin, c’est une tragédie slovaque qu’a élue le jury Sang Neuf présidé par l’actrice Eye Haïdara : Father, de Tereza Nvotová. Très éprouvant, voire pas dénué de chantage émotionnel, ce film inspiré d’un fait divers mène son personnage principal – un père donc – jusqu’au tribunal, où il doit répondre d’un acte aussi involontaire que dévastateur. La mise en scène, entre plans-séquences archi-maîtrisés et savantes ellipses, et l’implication de ses interprètes ont fait forte impression dans la région Grand Est. Le reste de la France pourra en juger à partir du 20 mai.

Le Palmarès complet Grand Prix : Disaster, de Yutaro Seki et Kentaro Hirase (Japon).Prix du Jury : Winter of the crow, de Kasia Adamik (Pologne, Royaume-Uni et Luxembourg).Prix Police : Disaster, de Yutaro Seki et Kentaro Hirase (Japon).Prix de la critique : Winter of the crow, de Kasia Adamik (Pologne, Royaume-Uni et Luxembourg).Prix du Public : Red Code Blue, d’Oskars Rupenheits (Lettonie).Prix Sang Neuf : Father, de Tereza Nvotová (Slovaquie, République tchèque et Pologne). Sortie le 20 mai. Prix Sang Neuf du Jury Jeunes de la Région Grand Est : Growing down, de Bálint Dániel Sós (Hongrie).


Source:

www.telerama.fr

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