Environ 2 000 infirmières de l’association Asalée manifestent jeudi un peu partout en France. Elles ne sont plus payées depuis deux mois alors qu’elles facilitent le travail des médecins en assurant le suivi de malades chroniques.
Publié le 26/03/2026 13:08
Mis à jour le 26/03/2026 13:08
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Les 2 000 infirmières de l’association Asalée (Action de santé libérale en équipe) ne sont plus payées depuis deux mois. L’Assurance-maladie a suspendu ses versements, la Cnam reproche des dysfonctionnements à cette association qui propose les services d’infirmières spécialement formées à 9 500 médecins généralistes pour assurer le suivi de malades chroniques. Ces infirmières, qui prévoient de manifester jeudi 26 mars, sont devenues indispensables pour leurs patients.
Ce sont leurs patientes qui défendent le mieux Jennifer et Aurélie, les deux infirmières de l’association Asalée qui travaillent dans ce cabinet médical du centre-ville d’Elbeuf (Seine-Maritime). « Nous, si elles ne sont pas là, on va mal le vivre », affirme Monique, 81 ans. Elle est cardiaque et c’est parce qu’elle s’essoufflait pendant les promenades organisées chaque semaine par les deux infirmières qu’elle s’est aperçue à temps qu’elle avait besoin d’un pacemaker. Il y a aussi Marie-Jeanne, 72 ans, qui est diabétique. « Elles nous donnent beaucoup de conseils par rapport à nos pathologies », raconte-t-elle.
« C’est important pour nous, elles font l’intermédiaire entre nous et le médecin. »
Marie-Jeanne, patiente de 72 ansà franceinfo
« On ne peut pas s’en passer », reprend Marie-Jeanne qui a du mal à dormir. Au cours de l’entretien, Jennifer Boulanger met le doigt sur les causes de ses insomnies. « Avec votre mari, ça va ? », demande l’infirmière. « Plus ou moins », répond la septuagénaire. « C’est peut-être un petit peu embêtant », reprend Jennifer Boulanger. « Vous avez vos douleurs, mais est-ce que vous prenez un cachet avant de dormir ? Ça vous soulage un peu ou pas du tout ? »
Ce sont les médecins du cabinet qui adressent leurs patients aux deux infirmières. Le docteur Étienne Gyurka ne pourrait plus s’en passer non plus. « Elles apportent beaucoup d’aide aux médecins du cabinet, affirme-t-il. Elles voient les patients qui ont des problèmes d’obésité, d’hypercholestérolémie, de diabète, de tabagisme, les bronchiteux… Beaucoup de choses qu’on n’a pas le temps de faire, elles sont précieuses. »
Eles ont leur botte secrète, d’après Aurélie Aglave. « Les patients se livrent aussi beaucoup plus qu’aux médecins, et ça, c’est une grande force, estime-t-elle. Combien de patients me disent : ‘vous savez, ce que je vous dis là, je ne l’ai jamais dit à personne. Je n’ose pas en parler aux médecins’. Ils n’osent pas dire qu’ils ne prennent pas trop les médicaments. Nous arrivons parfois à leur faire prendre conscience que les médicaments, ce n’est pas que pour les embêter, il y a un réel bénéfice. »
Même si elles ne sont plus payées depuis deux mois, Aurélie et sa collègue Jennifer continuent de travailler auprès de ces patients. « J’aime ça, on a du temps, relève Jennifer. On a une heure, une heure et demie avec nos patients pour leur expliquer leur pathologie. »
« Les médecins nous disent bien que, sans nous, les patients prendraient peut-être plus de traitements, seraient plus souvent hospitalisés. »
Jennifer Boulanger, infirmière de l’association Asaléeà franceinfo
L’association Asalée estime qu’en faisant du suivi et de la prévention, ces infirmières permettent à la Sécurité sociale d’économiser trois milliards d’euros chaque année.
Vendredi 27 mars, le tribunal des affaires économiques de Paris se prononcera sur le sort (liquidation ou redressement judiciaire) de l’association Asalée. La ministre de la Santé a affirmé mardi devant les députés que les salaires des infirmières Asalée seront très rapidement versés et que le gouvernement voulait maintenir ce dispositif.
Source:
www.franceinfo.fr





