Olivier Cahn, juriste, professeur de droit pénal, a exprimé son inquiétude dans un entretien accordé à Le Monde sur l’évolution des pratiques policières. Il signale une tendance à la « judiciarisation » du maintien de l’ordre, où la garde à vue est employée de manière extensive pour réduire le nombre de personnes présentes lors de rassemblements et pour prévenir d’éventuels troubles.
Selon son analyse, cette évolution modifie concrètement la manière dont se déroule l’exercice du droit de manifester. En s’appuyant davantage sur des mesures pénales, l’autorité publique impose des conditions nouvelles d’encadrement des manifestations, ce qui peut contraindre les modalités de contestation collective et les marges de manœuvre des organisateurs et des participants. Le phénomène soulève des questions juridiques sur la proportionnalité des réponses et sur la préservation des libertés publiques.
Les observations du professeur s’inscrivent dans un débat plus large sur le maintien de l’ordre et ses transformations récentes. L’utilisation répétée de mesures coercitives, notamment la mise en garde à vue de manifestants par vagues — parfois qualifiée de « au chalut » — est perçue comme un outil de gestion des foules qui dépasse le cadre strict de la répression d’infractions individuelles. Ce renversement d’usage pose des enjeux de transparence des procédures, de contrôle judiciaire et d’accès aux voies de recours pour les personnes concernées.
Sans avancer de conclusions définitives, l’intervention du professeur Olivier Cahn apporte un éclairage juridique sur les risques d’érosion des garanties associées au droit de manifester. Ses remarques contribuent à alimenter le débat public et juridique sur les limites acceptables de l’action policière face aux mouvements collectifs, ainsi que sur la nécessité d’un équilibre entre ordre public et libertés fondamentales.






