Kinshasa intensifie ses démarches pour contester les nominations faites par AFC/M23 dans l’est de la RDC. Les autorités congolaises multiplient les actes administratifs visant à invalider des décisions récentes concernant des postes dans la magistrature et l’enseignement supérieur, affirmant que ces désignations n’ont aucune valeur légale. Le gouvernement affirme agir pour préserver l’unité des institutions étatiques et empêcher l’implantation d’une administration parallèle dirigée par les groupes armés.
Sur le terrain, la portée de ces décisions reste cependant limitée. Dans plusieurs zones tenues par les rebelles, les nouvelles autorités locales installées par l’AFC/M23 continuent d’exercer des fonctions, d’organiser des services et d’imposer leurs propres règles de gestion des affaires publiques. Les efforts de l’État pour nommer des magistrats ou des responsables universitaires sont fréquemment entravés par l’absence d’accès aux bâtiments administratifs, le contrôle des forces armées non étatiques et la défiance d’une partie de la population locale, qui dépend désormais des structures mises en place par les groupes armés pour accéder à la justice et à l’enseignement.
La coexistence de deux circuits de nomination crée un vide juridique et administratif perceptible : dossiers judiciaires bloqués, diplômes contestés, procédures disciplinaires suspendues. Les universités et facultés touchées voient leur gouvernance perturbée, avec des incidences sur les examens et la délivrance de certificats. Pour les justiciables, l’irrecevabilité de certaines décisions administratives entraîne une insécurité juridique qui complique l’accès aux recours et mine la confiance dans les institutions publiques.
La situation met en lumière les difficultés de l’autorité congolaise à rétablir sa présence effective dans des territoires contrôlés par une force armée parallèle et souligne les enjeux de gouvernance et de protection des services essentiels. Tant que l’État ne disposera pas d’un accès durable à ces zones, les nominations officielles resteront souvent formelles, et la gestion quotidienne continuera d’être façonnée par la réalité du contrôle territorial.






