Une fausse enquête prétend révéler une tentative d’influencer la couverture médiatique de la campagne présidentielle. Elle a en fait été publiée par un réseau de désinformation russe, en usurpant des noms de journalistes et médias français qui ont tous démenti leur participation.
Publié le 04/08/2026 12:34
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Nouvelle opération de déstabilisation venue de Moscou. L’eurodéputé Raphaël Glucksmann et la présentatrice du « Journal de 20 Heures » de France 2 Léa Salamé ont été visés par des publications mensongères reprenant les codes du média Blast, accusant les deux personnalités de corruption pour agir sur la couverture médiatique de la campagne présidentielle de 2027. Plusieurs journalistes cités dans les faux articles, dont le cofondateur de Mediapart Edwy Plenel et la journaliste Salomé Saqué, ont démenti toute participation et dénoncé des mensonges.
« Le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) m’a confirmé aujourd’hui que j’étais la cible d’une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU (les services secrets de l’armée russe) », a écrit mardi 4 août sur les réseaux sociaux Raphaël Glucksmann, qui doit se prononcer à la fin août sur sa possible candidature à l’élection présidentielle de 2027. « L’opération russe est identifiée, tracée, attribuée », écrit l’élu Place publique, qui explique que « le but est de rendre viral un mensonge total pour salir des personnalités considérées comme hostiles par le régime russe » – ou au moins de « créer un halo de suspicion », en tirant parti de l’adage « Il n’y a pas de fumée sans feu ».
Les publications pointées du doigt incluent une vidéo de près de deux minutes, dont la voix est générée par IA et qui reprend les codes de Blast (charte graphique, appel aux dons en fin de vidéo…). Elle affirme que Léa Salamé aurait « tenté de soudoyer des médias en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive de son mari, et à promouvoir son programme électoral ». La vidéo renvoie vers un site qui reprend l’esthétique de Blast, mais dont l’adresse blastinfo[.]fr ne correspond pas à une page officielle du média. L’article en tête de la page d’accueil affirme que « plusieurs rédactions ont porté des accusations » contre Léa Salamé, et présente pour preuve un email inventé de toute pièce.
Une source proche du dossier affirme à franceinfo que l’opération est imputée au mode opératoire informationnel (MOI) pro-russe Storm-1516, avec l’appui d’un autre, surnommé CopyCop. L’activité de ces deux modes opératoires est largement documentée depuis plusieurs années, avec de nombreuses tentatives de déstabilisation établies : faux sites d’informations locales avant les élections municipales, amplification de la colère des agriculteurs pendant l’épidémie de dermatose nodulaire, fausses accusations de violences sexuelles contre Brigitte Macron, implication d’Emmanuel Macron dans l’affaire Epstein…
« Alerte infox : divers comptes diffusent une fake news avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux », a réagi Edwy Plenel sur le réseau X samedi 1er août. Le cofondateur de Mediapart dénonce « un exemple des opérations de déstabilisation numérique ».
Le média Blast a également critiqué sur X un texte « au contenu mensonger », et ajoute avoir « lancé les procédures permettant de faire fermer ce faux site et porté plainte pour contrefaçon et usurpation d’identité ». La journaliste Salomé Saqué dénonce sur Instagram « de fausses révélations », et conseille aux internautes de toujours vérifier la provenance d’une vidéo avant de la partager : « Vous ne pouvez plus seulement relayer une vidéo avec un logo, ou le visage d’un(e) journaliste/média en qui vous avez confiance. »
Source:
www.franceinfo.fr






