- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilCulture"Un procès" au festival d'Avignon, une pièce de théâtre où une partie...

"Un procès" au festival d'Avignon, une pièce de théâtre où une partie du public doit juger un lanceur d'alerte

L’acteur brésilien Wagner Moura, révélé en Pablo Escobar dans la série « Narcos », monte sur scène à Avignon dans « Un procès » de Christiane Jatahy, d’après « Un ennemi du peuple » d’Henrik Ibsen.


Publié le 19/07/2026 17:30

Temps de lecture : 2min

L’acteur brésilien Wagner Moura en mars 2026 (PATRICK T. FALLON / AFP)

En 1882, le Norvégien Henrik Ibsen est très en avance sur son époque : il imagine, dans une petite ville pauvre, l’installation de thermes qui attirent les touristes, une pollution des eaux qui menace le site et la santé publique, et un lanceur d’alerte qui est le frère du maire, également patron des thermes. La santé et l’environnement ou la prospérité économique : ce débat est devenu notre quotidien. Ibsen imagine que le Dr Stockmann, le lanceur d’alerte, est en raison de sa radicalité et de ses emportements jugé par sa communauté comme un ennemi du peuple. La Brésilienne Christiane Jatahy poursuit l’œuvre d’Ibsen et offre à Stockmann un procès équitable avec des jurés choisis dans le public.

Aujourd’hui, bien plus qu’à la fin du XIXe siècle, c’est la notion de vérité qui est malmenée. Les climatosceptiques, les antivax et autres complotistes trouvent leur place dans ce débat qui menace notre démocratie, comme le frère de Stockmann qui manipule déjà une expertise pseudo-scientifique. « On commence le spectacle en disant que la vérité est finie, explique Christiane Jatahy. Comment fait-on pour dialoguer si votre réalité est complètement différente de la mienne, parce qu’il n’y a pas de faits ? C’est pour ça que le journalisme est vraiment important. Nous sommes dans ce moment où l’on parle de fake news, mais je pense que cela va vraiment plus loin, parce qu’en fait ce sont des réalités parallèles. Et ça, ça change tout. Parce que ce n’est pas un débat d’idées, mais c’est un débat sur la vérité. Nous savons tous comment le fascisme peut utiliser les mécanismes de la démocratie. »

Mais avec Stockmann, le mieux est parfois l’ennemi du bien. Il s’emporte, crie, méprise ceux qui ne le croient pas et on vient à se demander si, avec autant d’inculture dans sa communauté, la démocratie ne serait pas « de la confiture aux cochons ». « Cette idée que Thomas Stockmann n’est pas un héros m’intéressait beaucoup, poursuit Christiane Jatahy. Il a toute la complexité, il déborde dans des paroles et des choses qui sont vraiment dangereuses. La question c’est : qui peut menacer la démocratie, comment on peut jouer avec ça, comment se positionner face à ça ? »

En français, portugais et anglais, on suit ce procès tendu, explosif, qui se réduit un peu trop souvent à un combat de coqs entre les deux frères. Mais l’autre intérêt de la pièce est de découvrir Wagner Moura au théâtre, d’où il vient. Son amie de jeunesse Christiane Jatahy a longtemps attendu ce moment. « Wagner est un acteur extraordinaire, il est vraiment incroyable. Pas uniquement au cinéma : il vient du théâtre. Pour moi, c’est vraiment important, la personne qu’est Wagner. Sa position politique, sa défense de la vérité, son éthique. Donc il y a vraiment un lien avec son personnage. Wagner, c’est pour ça qu’il aime beaucoup ce personnage. Et c’est quelqu’un qui est en train de payer un prix pour ses positions, sans avoir peur de dire les choses qui sont importantes. Il a une place très importante au Brésil. C’est quelqu’un qui, je pense, fait bouger les choses. »

« On a répété deux mois. Et chaque jour de répétition, il a fait comme si c’était le seul jour. Ça, c’est un cadeau « 

Christiane Jatahy, à propos de Wagner Moura

à franceinfo

À la fin de la pièce, les jurés tirés au sort dans le public se retirent pour délibérer. Leur jugement, prévisible à Avignon, n’a finalement que peu d’importance.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img