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Fin de vie : la France crée un droit sur l'aide à mourir

Après un débat qui aura duré quatre ans, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi sur la fin de vie. Elle instaure un droit sur l’aide à mourir sous conditions strictes.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

L’aide à mourir est désormais un droit. Après 4 ans de débats et plus de 8 000 amendements, la loi vient d’être définitivement adoptée à 291 voix contre 241 à l’Assemblée nationale. Une fierté pour Olivier Falorni, maire Les Démocrates de La Rochelle, qui a porté le texte pendant 12 ans : « Vous savez, dans la vie d’un parlementaire, ils sont rares les moments où vous votez pour accorder un droit fondamental nouveau. »

Sophie Viry, 57 ans, est atteinte de sclérose en plaques Elle est complètement dépendante. Depuis 5 ans, ses douleurs sont devenues intolérables. Elle veut pouvoir bénéficier de cette loi : « On redevient un papillon. On sait qu’on a la liberté de mourir. Je vais vous dire, peut-être même que pendant quelques jours, on ne souffrira plus tellement on se sentira libre. Tant on se sentira apaisé ».

Un droit sous condition : être majeur, français ou résident stable, atteint d’une maladie grave et incurable en phase avancée, éprouver des souffrances insupportables, et être apte à exprimer sa volonté jusqu’au bout. Le dispositif exclut donc les personnes dans le coma ou atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les patients concernés devront faire une demande écrite à un médecin qui devra proposer de bénéficier des soins palliatifs. La demande sera examinée par un collège de professionnels.

La décision sera notifiée sous 15 jours. Si elle est positive, le malade doit attendre au moins deux jours pour confirmer sa demande. À une date de son choix, le patient s’auto-administrera la substance létale en présence d’un médecin ou d’un infirmier. Si le patient est incapable physiquement de prendre le produit létal, il peut demander au professionnel de faire le geste. Médecins et infirmiers pourront exercer une clause de conscience.

Les opposants, comme le député LR Philippe Juvin, également chef de service aux urgences de l’hôpital Georges Pompidou, dénoncent une loi qui ne protège pas les malades : « Parce que c’est plus rapide, c’est plus facile aussi. On va proposer la mort avant de proposer des soins. Moi je préfère une société qui aide à vivre, plutôt qu’une société qui aide à mourir. » Sébastien Lecornu a déjà indiqué qu’il saisira le Conseil constitutionnel afin qu’il apporte des clarifications sur certaines dispositions de la loi.

Liste non exhaustive.


Source:

www.franceinfo.fr

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