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Canicule : "On s'attend à une augmentation de l'activité à partir d'aujourd'hui", explique Frédéric Adnet, chef du Samu de Paris

À la tête du Samu parisien, Frédéric Adnet explique que les effets des fortes chaleurs « commencent à se ressentir à J3, J4 » après le début de l’épisode caniculaire, et que les départs en vacances ont probablement retardé les appels dans son secteur.

Si le pic de la canicule en France a été atteint hier d’après Météo France, le début de semaine s’annonce rude avec 37 départements toujours placés en vigilance rouge. Quelle est la situation dans les hôpitaux du pays, et notamment en région parisienne ? Pour en parler, « La Matinale » du 13 juillet reçoit Frédéric Adnet, le chef du service du Samu de Paris.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Est-ce qu’avec cette troisième vague de chaleur, vous êtes beaucoup plus sollicité ?

Frédéric Adnet : Traditionnellement, on est sollicités, mais on est sollicités un petit peu en décalage par rapport au début d’une canicule. Les effets au niveau de la santé commencent à se ressentir à J3, J4. Actuellement, c’est plutôt calme. Au niveau des appels au Samu, des sorties de nos UMH, donc nos ambulances médicalisées, au niveau des urgences, pour l’instant, c’est calme. C’est lié en grande partie au fait que les Parisiens sont partis en vacances. Et que, je le répète, les effets de la canicule au niveau du système hospitalier se font sentir à J3. Donc, on s’attend à une augmentation de l’activité à partir d’aujourd’hui.

Quels types de pathologies, quels types d’événements sont traités : des déshydratations, des coups de chaud ? Qu’est-ce que vous voyez le plus souvent ?

Ce qu’on a vécu lors des deux dernières canicules, c’est effectivement ce qu’on appelle des coups de chaleur, des hyperthermies, des déshydratations notamment chez les sujets âgés, et malheureusement aussi beaucoup d’arrêts cardiaques et beaucoup de décès à domicile.

Il y a ce qu’on appelle aussi ce phénomène de décompensation, qu’on entend beaucoup du côté des médecins, qui touche notamment les personnes les plus vulnérables, les personnes âgées, celles qui sont atteintes de maladies chroniques. Ca veut dire qu’il va falloir attendre encore quelques jours ?

Ce qu’on appelle l’effet rebond : l’organisme stressé par une canicule, par une hyperthermie, et puis ses mécanismes de défense. Et les premiers atteints, les premiers à décompenser, ce sont évidemment les personnes les plus fragiles, qui sont victimes de maladies chroniques comme l’insuffisance rénale, les insuffisances respiratoires. Donc, toutes les maladies chroniques vont finir par décompenser, et je le répète, un petit peu en décalage par rapport au début de la canicule.

Il y a une alerte que peut-être je n’ai pas entendue suffisamment, mais vous allez peut-être la préciser. Déjà, se maintenir à 37 degrés, c’est une lutte, même pour les organismes qui sont en bonne santé. Et au-delà de quelques jours, ça commence à peser, et ça, on l’oublie un peu trop souvent. Je fais partie de ceux qui, peut-être, parmi les sportifs, se sont dit : « Allez, je vais quand même faire une séance. » Mais en fait, non, il faut vraiment s’en tenir à la règle ?

Surtout pas. Il ne faut surtout pas faire de sport lors du maximum de température. Et on le voit très bien, on intervient beaucoup chez des patients qui ont malheureusement fait un effort physique en plein milieu de la journée. Et c’est exactement ce qui arrive, ce que vous venez de décrire, c’est qu’on ne peut pas lutter indéfiniment pour maintenir une température à 37 degrés lorsqu’il fait 40 à l’extérieur.

Troisième canicule, après celle de mai et de juin. Est-ce que vous avez le sentiment d’être mieux préparés ?

On est mieux préparés par rapport à la canicule de 2003, où là, on a été complètement surpris. On ne savait même pas ce que c’était qu’un coup de chaleur. Il y a eu une mortalité effroyable, la population n’était pas préparée non plus. Et la grande différence avec les canicules qu’on vit actuellement, c’est qu’à la fois, on connaît maintenant ces pathologies-là. On sait traiter les coups de chaleur. On connaît les techniques de refroidissement précoce, qui marchent très bien par immersion du patient dans des petites baignoires qu’on apporte même à domicile.

Mais ça, ça signifie qu’on peut le faire chez soi aussi si on ne se sent pas bien, on remplit la baignoire d’une eau tempérée, on peut s’immerger ?

Complètement. Le refroidissement par conduction, c’est-à-dire par contact direct avec un corps plus froid, c’est ce qu’il y a de plus efficace pour se refroidir. Mais le meilleur réflexe, c’est d’appeler le Samu et d’appeler les professionnels qui connaissent bien cette technique de refroidissement. Et puis la population est mieux préparée qu’en 2003, les messages de prévention ont pu éviter la mortalité qu’on a observée, notamment dans les institutions de personnes âgées, où la mortalité a certes augmenté, mais beaucoup moins que ce qu’on a vécu en 2003.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

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