Ses œuvres magnifiques font fureur sur les réseaux sociaux : Jben réalise ses dessins de plages en quelques heures. Il lui faut aller très vite avant que la mer n’emporte tout. Nous l’avons suivi.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
D’ordinaire, c’est planches de surf sous le bras que Jben se rend à la plage. Celle de la côte sauvage est parmi ses préférées. « Ça fait partie de mes terrains de jeu et particulièrement celle-ci permet vraiment des kilomètres d’amusement, si on le souhaite. Alors, c’est très rare de faire des fresques si grandes… », explique-t-il. Car cet enfant du pays est dessinateur de plage. Premier objectif à marée basse : trouver sa toile. Un coin tranquille où poser ses outils. « Ce sont mes crayons de papier, feutres, pinceaux… Très rudimentaire, il ne m’en faut pas plus », souligne-t-il, en nous montrant des outils en métal, dont certains servent à jardiner.
Ses œuvres XXL s’affichent un peu partout sur la côte. Du figuratif ou des motifs plus graphiques qui épousent le paysage. Aujourd’hui, l’artiste a sa petite idée. Pour la réaliser, il faut d’abord se fixer quelques repères, puis user de son arme secrète : le quadriator, un outil maison qui permet de tracer un quadrillage essentiel pour se repérer. Après quelques incantations, il faut tenter de conserver les bonnes proportions.
« On n’a pas tous la même faculté à pouvoir travailler dans l’espace. On part d’abord sur des dessins assez basiques et puis si on voit qu’on a une facilité à évoluer dans l’espace, on va sur des choses plus compliquées, et de plus en plus complexes, et puis on progresse », indique l’artiste. Changement d’outil et premier coup de crayon. Un trait fin, effaçable au besoin. Pour l’œil novice, difficile au bout de deux heures de voir une progression jusqu’au premier coup de griffe.
« On remonte le sable mouillé, ça crée un relief et du coup, ça permet non seulement à l’œil de le voir, mais surtout ensuite, quand on prend de la hauteur, ce relief, il crée un ombrage, et ça permet de voir la fresque qui prend forme », détaille Jben. Il faudra plus de trois heures pour aller au bout de l’œuvre. Puis, avec un ramasse feuilles, soigner les ombrages, le coloriage en somme. Mais attention, car les éléments menacent : « C’est la course, tout simplement, parce que la marée remonte un petit peu plus vite », pointe l’artiste.
Un travail qui force l’admiration. « Le Monsieur est vraiment très, très doué », commente une promeneuse. Son conjoint acquiesce : « C’est trop fort, du sol comme ça, de pouvoir créer des choses ! » Un jeune homme est impressionné : « Même moi, à la main, je pense que j’aurais du mal à faire sur un petit format. » « J’adore, c’est génial, c’est super beau, c’est super zen, il n’y a rien à dire, c’est parfait ! », complète un passant.
Dix ans que le Charentais vit de son art, des œuvres offertes sur les réseaux, ou dans le cadre de commandes, toujours vouées à disparaître. « Dans tous les cas, les images restent. Le drone permet d’immortaliser. Et surtout, je peux revenir demain, j’ai une toile vierge », fait-il remarquer. Jben ne signe jamais ses fresques. Il les laisse en offrande à la nature.
Source:
www.franceinfo.fr






