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TEMOIGNAGE. "Une maman m'a écrit sur Facebook…" : après le scandale des laits infantiles contaminés, inquiétudes autour d'un trafic de lait maternel sur les réseaux sociaux

Depuis plusieurs mois, les rappels de laits infantiles s’enchaînent, à cause de la présence potentielle d’une toxine. Les parents de nourrissons cherchent donc des solutions, quitte à acheter du lait maternel via des petites annonces.


Publié le 05/05/2026 07:21

Temps de lecture : 2min

Une femme donne un biberon de lait infantile à son bébé. Image d’illustration. (FRED DUFOUR / AFP)

C’est une tendance qui s’est accentuée après les rappels de laits infantiles dans les supermarchés. Des parents partent à la recherche de laits maternels directement sur Facebook pour leur bébé. Pour trouver ces groupes, il suffit de taper quelques mots dans la barre de recherche sur les réseaux sociaux, comme franceinfo a pu le constater.

L’affaire des laits infantiles a démarré en décembre avec le rappel de boîtes par Nestlé, à cause de la présence potentielle d’une toxine dangereuse pour les nourrissons, puis a pris de l’ampleur début 2026 quand le géant de l’agroalimentaire a engagé des rappels bien plus importants dans une soixantaine de pays. Des contaminations qui concernaient également d’autres marques comme Picot, comme l’a révélé la Cellulle investigation de Radio France. Depuis, de nombreux parents s’inquiètent.

Sur une communauté Facebook de plus de 900 membres, plutôt actifs, nous contactons une mère de famille. Son bébé est intolérant au lactose, il est donc impossible de lui donner les 10 litres qu’elle a tirés il y a quelques semaines et congelé dans des poches stériles. Elle a malgré tout trouvé preneurs : « Une maman qui m’a écrit sur Facebook a eu son bébé en pleine période de rappel de lait infantile, indique-t-elle. Et un papa m’a écrit également : il voudrait faire un tour de France pour récupérer le plus de lait maternel possible pour son futur enfant adopté. »

Sur ces groupes, il y a d’un côté, des demandes de parents, en quête de lait maternel pour leur bébé ; de l’autre, des offres de mamans, qui doivent renseigner leur ville d’origine, la quantité de lait congelé et la date de tirage. Mais rien sur leur état de santé. « Je n’ai eu aucune question pour savoir si je fumais, si je me droguais…, s’étonne la mère contactée par franceinfo. J’ai l’impression que ce sont vraiment des gens qui sont en recherche active. »

Elle poursuit : « À la place de ces personnes-là, j’aurais posé tout un tas de questions et demandé tout un tas de preuves pour être sûre qu’il n’y ait aucun problème dans le lait donné à des tout petits bébés ».

Car les dons de ces mamans, en plus d’être illégaux, sont dangereux pour les bébés, comme l’explique la docteure Sandra Brancato, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). « Elles peuvent effectivement être en bonne santé, mais pour autant porter un virus et le transmettre à un enfant, explique-t-elle. Et après, au niveau bactérien, dans la mauvaise conservation et dans une rupture de la chaîne du froid, on pourrait retrouver des Escherichia coli, qui peuvent donner des infections digestives sévères. »

Un risque important, d’autant que certaines femmes proposent du lait tiré début 2025. C’est pourquoi l’Afpa appelle celles qui tiennent absolument à donner leur lait à se rendre en lactariums, pour le faire dans de bonnes conditions. Le lait pourra ainsi être « traité », après « une prise de sang aux mamans ».

Le lactarium, poursuit Sandra Brancato, « va utiliser non pas une seule donneuse mais plusieurs donneuses, ce qui fait qu’ensuite le lait est réduit en poudre et un petit peu modifié pour être adapté à la nutrition des très grands prématurés ». En France, il existe 33 lactariums en attente de femmes prêtes à donner leur lait.


Source:

www.franceinfo.fr

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