Le concours se prépare à Vienne dans un climat plutôt tendu. En dépit des insultes reçues sur les réseaux sociaux, le jeune Danois, qui chantera dans sa langue et non en anglais, veut croire à une société inclusive.
Publié le 30/04/2026 18:08
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Considéré comme l’un des favoris de l’Eurovision, le Danois Søren Torpegaard Lund a suscité une vague de réactions homophobes dans son pays pourtant réputé progressiste, avec un titre électro-pop interprété en pantalon en cuir et haut transparent et moulant en résille. L’artiste assure simplement vouloir « rester fidèle à lui-même ».
Søren Torpegaard Lund a toujours vécu au rythme de l’Eurovision et la victoire de la drag queen autrichienne Conchita Wurst en 2014 à Copenhague l’a particulièrement touché. « Un de mes plus grands souvenirs, c’est quand Conchita Wurst a gagné (…) Ça m’a énormément marqué dans mon adolescence en tant que jeune queer, pour rester fort, découvrir qui j’étais et l’affirmer ouvertement. C’était vraiment un moment très cool », dit-il.
C’est justement dans le pays de son héroïne, à Vienne, que l’artiste de 27 ans représentera le Danemark à l’Eurovision avec Før vi går hjem (Avant de rentrer), un titre aux accents disco, une ode à l’univers des boîtes de nuit évoquant l’attrait paradoxal de certains individus pour les relations amoureuses toxiques.
Et, contrairement aux années précédentes, il a des chances de gagner car le pays scandinave, déjà vainqueur à trois reprises du concours septuagénaire (en 1963, 2000 et 2013), est l’un des favoris des parieurs.
Søren Torpegaard Lund
Sur scène, l’artiste va s' »efforcer de rester fidèle (à lui-même), parce que certaines personnes au Danemark ont essayé d’édulcorer mon numéro, et il y eu une sorte de retour de bâton homophobe de la part de Danois », déplore-t-il. En dépit des insultes homophobes proférées sur les réseaux sociaux, Søren veut croire en une société inclusive.
« Je déteste voir que ça arrive encore », soupire-t-il. « Mais j’ai aussi adoré pouvoir répondre… en mode ‘tu ne peux pas me toucher’ (…). On peut être là. Tu peux être là. Tout le monde, tout le monde peut être là en même temps ».
Originaire d’une petite ville du centre du pays, Søren a remporté en février la sélection danoise à l’Eurovision et pour le quotidien Politiken, c’était « le bon choix ». C’est « un artiste à l’aise sur scène, extraverti, avec une chorégraphie déjà prête qui pourrait s’intégrer sans problème à l’Eurovision Song Contest », a écrit le journal de référence.
Son autre défi sera de redonner le goût de l’Eurovision à un pays qui en a perdu l’attrait. « Ça s’est un peu cassé la figure ces dix dernières années, mais j’ai l’impression que ça fait clairement son comeback », assure-t-il. Si son attention est focalisée sur l’expérience musicale, il assure ne pas ignorer les crispations autour du concours. Cinq radiodiffuseurs européens, dont l’Espagne et l’Irlande, boycottent l’événement pour protester contre la participation d’Israël et plus d’un millier d’artistes appellent à faire de même.
« En temps de crise, nous, les êtres humains, avons toujours eu tendance à nous rassembler pour essayer de créer de l’espoir », assume-t-il. Son acte de rébellion? Avoir refusé de traduire sa chanson en anglais comme il est de coutume pour les langues peu connues.
Il aura aussi la fierté de représenter l’ensemble du royaume du Danemark, îles Féroé et Groenland compris, à l’heure où le président américain Donald Trump menace l’intégrité territoriale de l’île arctique. « Je suis fier de représenter des pays qui doivent se battre pour leurs propres droits, leur propre liberté », conclut le jeune artiste de 27 ans.
Source:
www.franceinfo.fr





