Au Congo-Brazzaville, trois organisations de la société civile alertent sur des pressions exercées sur les salariés de la société forestière à capitaux chinois Sefyd, l’une des principales entreprises du secteur. Elle exploite une vaste concession forestière dans le nord du pays, dans le département de la Sangha, à la frontière camerounaise. Selon ces ONG, l’entreprise aurait menacé ses employés de représailles s’ils ne dénonçaient pas leurs collègues ayant témoigné auprès des journalistes de TV5 Monde dans le cadre d’une série d’enquêtes.
Publié le : 01/05/2026 – 14:18
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Ces révélations font suite à la diffusion de la série d’investigation « Jusqu’à la dernière grume », réalisée en partenariat avec le Rainforest Investigations Network du Centre Pulitzer. Les journalistes Berdy Pambou et Laure de Matos y montrent comment la société d’exploitation forestière Yuan Dong – alias SEFYD – contourne l’interdiction d’exporter du bois à l’état de troncs d’arbres non transformés.
L’enquête, diffusée en cinq volets début avril sur TV5 Monde, s’est conclue le 10 avril. Cinq jours après, les salariés du site de Cabosse sont convoqués. « Plusieurs sources nous ont rapporté que, mi-avril, le 15 avril, une réunion a eu lieu… réunion à laquelle les représentants des autorités locales étaient présents aux côtés de la directrice locale de la Sefyd, que les ouvriers ont été réunis. On leur a intimé l’ordre de dénoncer les personnes qui avaient accepté de raconter ces exportations de grumes qui continuent loin des yeux de tout le monde ».
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Les ONG appellent à la protection des travailleurs
À Brazzaville, le Centre d’action pour le développement, une des trois ONG signataires du communiqué dénonçant ces pressions, appelle les autorités à protéger les salariés de Sefyd.
« Aucun travailleur ne devrait être en difficulté pour avoir participé à une enquête sur des questions d’intérêt national. Ça interroge même sur le rôle des autorités locales qui ne devraient en aucun cas s’associer à une entreprise privée, quelle qu’elle soit, au détriment de la transparence et de l’application de la loi », estime Trésor Nzila, directeur exécutif de l’organisation au micro d’Amélie Tulet, journaliste au sein du service Afrique de RFI.
Après l’annonce de la réélection de Denis Sassou Nguesso, le 15 mars 2026, pour un cinquième mandat à la tête du pays, plusieurs organisations de la société civile congolaise ont formulé des recommandations sur la gouvernance forestière et pour la protection des lanceurs d’alerte.
Reportage Afrique«Nous alertons les institutions internationales, arrêtez de couper du bois!»
Source:
www.rfi.fr





