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Notre sélection de livres cette semaine : « Une fois que les femmes ont ouvert les yeux », « Jaune soleil », « Le Culte de l’histoire »…

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, « Le Monde des livres » vous propose la lecture d’Une fois que les femmes ont ouvert les yeux, une anthologie d’écrits féministes de Simone de Beauvoir, dont on commémore les 40 ans de la mort ; du nouveau roman lumineux d’Eric Chevillard, Jaune soleil ; d’une histoire de l’histoire de la Révolution française par Guillaume Lancereau, Le Culte de l’histoire ; du nouveau roman de Nicolas de Crécy, Le Syndrome de Kyoto, dans lequel il mêle son goût de l’art et du Japon ; enfin, du récit de Pascal Bruckner, De mère inconnue, une enquête sur sa génitrice.

ANTHOLOGIE. « Une fois que les femmes ont ouvert les yeux », de Simone de Beauvoir

Une fois que les femmes ont ouvert les yeux recueille les écrits et les paroles féministes de Simone de Beauvoir (1908-1986) entre 1947 et 1985. L’ouvrage donne accès à des traductions, des textes inédits, des transcriptions d’entretiens : tout y est. Une mine pour qui s’intéresse à cette pensée en mouvement, dans ses hésitations, regrets, retours et corrections, espoirs politiques reformulés.

Sur le fond, l’évolution féministe de Simone de Beauvoir peut être retracée à grandes lignes. D’abord, on le lit au fil des pages, le premier combat – la lutte des classes – finit par apparaître trop idéaliste : s’il faut le poursuivre, signale Beauvoir, il faut aussi accepter de reconnaître que nulle part encore on n’a réussi à réaliser le « vrai » socialisme selon Marx, celui qui changerait, entre autres, la condition faite aux femmes. Alors, il faut penser pratique, sans plus attendre la révolution : que les femmes se battent, dès que possible.

Mais si l’enjeu est de décider d’agir même quand on doute, cela implique de pouvoir reconnaître des erreurs. Cela reste crucial dans la réception actuelle de sa philosophie féministe. L’intérêt de cet ouvrage est peut-être précisément d’empêcher aussi bien l’idolâtrie que le dédain. D’une part, bien sûr, il faut replacer la pensée beauvoirienne dans son époque ; mais cela, d’autre part, sans la prendre comme un bloc éternel et immuable au nom duquel il faudrait pardonner à la philosophe quelques égarements, en considérant plutôt qu’elle continue de parler avec notre époque et nos questions – et qu’on a la responsabilité de la reprendre. Au. Tu.

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Source:

www.lemonde.fr

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