Tous les militaires avaient déjà pris le large, est l’une des lignes qui revient dans le dossier ouvert par la justice militaire à Kinshasa. Depuis le 25 septembre, deux généraux sont jugés pour avoir, selon l’accusation, abandonné la capitale du Sud-Kivu, Bukavu, lors de l’offensive de AFC/M23 en février 2025. Des pièces du dossier obtenues par Jeune Afrique jettent une lumière nouvelle sur les circonstances de cette déroute et sur le déroulé des événements.
Le procès engagé interroge la chaîne de commandement et la conduite des opérations au moment de l’offensive. Les éléments versés au dossier exposent des périodes d’inaction et des ruptures de coordination qui auraient facilité la progression rebelle, et mettent en relief des dysfonctionnements au sein de la armée congolaise. Les chefs poursuivis doivent répondre d’abandon et d’insuffisances supposées dans la protection de la population et des positions militaires pendant la prise de la ville.
Au-delà des responsabilités individuelles, cette procédure soulève des questions sur la capacité des institutions à prévenir et à gérer des offensives de grande ampleur. Pour la population du RDC et pour les autorités locales du Sud-Kivu, le déroulement du procès constitue un moment de clarification sur les manques opérationnels identifiés et sur les responsabilités qui en découlent. La mise en lumière de ces éléments participe à établir un cadre factuel des décisions prises en février 2025.
Les audiences se poursuivent et la documentation judiciaire devrait encore préciser la chronologie des faits et la nature exacte des manquements reprochés. Quelle que soit l’issue, ce dossier entend établir des responsabilités sur la chute de Bukavu et contribuera aux débats sur la réforme et la fiabilité des forces armées dans une région marquée par des tensions récurrentes.






