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Mimi Sheller dénonce une « transition négative » aux États-Unis

Mimi Sheller, sociologue, alerte sur un basculement politique profond aux États-Unis. Dans une tribune publiée dans Le Monde, elle qualifie de « transition négative » le processus par lequel les pratiques et les choix politiques favorisent les combustibles fossiles au détriment d’une transformation écologique. Pour la chercheuse, ce phénomène ne relève pas d’une simple inertie : il résulte d’une conjonction d’intérêts qui privilégie la mobilité accrue des couches les plus aisées et la reproduction d’un modèle énergétique fondé sur le carbone.

La critique de Mimi Sheller met en lumière le rôle central de ce qu’elle appelle le « capital carbone » et la pression exercée par les grands groupes technologiques. Selon elle, ces acteurs redessinent les priorités publiques et privées, orientant investissements et infrastructures vers des usages qui renforcent l’hypermobilité plutôt que la sobriété. Cette orientation, toujours d’après l’auteure, entretient des dynamiques contradictoires avec les objectifs climatiques et socialement équitables défendus par le mouvement pour la transition verte.

Le diagnostic posé invite à mesurer des conséquences concrètes : fragilisation des politiques publiques en faveur des énergies propres, renforcement des inégalités d’accès à la mobilité et persistent obstacles aux réductions d’émissions. En outre, la focalisation sur des modèles de croissance reposant sur la mobilité haut de gamme risque selon elle d’exacerber le décalage entre les préoccupations citoyennes et les choix des décideurs. Le propos questionne ainsi la compatibilité entre un développement technologique centré sur la connectivité et les nécessaires transformations environnementales.

Cette analyse s’inscrit dans un débat plus large sur la direction que prennent les États-Unis et leurs acteurs économiques. Elle souligne l’importance d’interroger les choix d’investissement et les cadres réglementaires si l’on veut orienter la société vers des pratiques moins dépendantes des énergies fossiles. En plaçant la question de la mobilité et du pouvoir des acteurs économiques au cœur du problème, Mimi Sheller appelle à repenser les leviers publics et privés indispensables pour une transition réellement écologique.

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