Un « super El Niño » en gestation pourrait avoir des conséquences économiques notables pour l’Afrique. Les prévisions météorologiques annoncent une distribution contrastée des phénomènes climatiques : fortes pluies et risques d’inondation à l’Est, épisodes de sécheresse au Sud et renforcement des vents secs à l’Ouest. Ce déséquilibre régional des précipitations et des vents met en jeu la production agricole, les infrastructures de transport et, par ricochet, la trajectoire de la croissance économique sur le continent.
Les scénarios associés à ce type d’épisode climatique évoquent d’importants dégâts sur les récoltes. Les intempéries intenses peuvent provoquer des inondations destructrices pour les cultures et les sols, tandis que la sécheresse compromet les rendements sur les zones dépendantes des pluies. Par ailleurs, les vents secs à l’Ouest augmentent le risque d’incendies et d’érosion, facteurs susceptibles d’abîmer des superficies cultivées et de réduire la production agricole saisonnière.
Outre l’agriculture, les voies de transport — routes, voies ferroviaires et liaisons fluviales — sont particulièrement exposées. Inondations et glissements de terrain peuvent interrompre des corridors logistiques essentiels, ralentissant les échanges intérieurs et internationaux et multipliant les coûts de transport. Ces interruptions affectent l’acheminement des denrées, des intrants agricoles et des biens manufacturés, entraînant des retards, des pertes et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.
Sur le plan économique, l’ampleur des perturbations météorologiques se traduit par des pertes potentielles de croissance. Ce « super El Niño » pourrait effacer jusqu’à 20 milliards de dollars de croissance en Afrique, conséquence directe des pertes de récoltes, des dommages aux infrastructures et des perturbations commerciales. Les impacts attendus soulignent l’importance des mesures d’adaptation et de renforcement des infrastructures pour limiter les répercussions sur la sécurité alimentaire, les revenus agricoles et la résilience des économies nationales.






