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François Villeroy de Galhau place la dette au cœur d’un choix générationnel

La dette publique ne relève pas seulement d’un arbitrage budgétaire : elle engage aussi la répartition des efforts entre générations. C’est le message porté par François Villeroy de Galhau, ancien gouverneur de la Banque de France, dans un entretien accordé au Monde après son départ de l’institution en juin. En résumant le risque d’un laisser-faire par l’idée de « choix contre la jeunesse » et de décisions « gérontocratiques », il replace la trajectoire des finances publiques dans un débat social autant qu’économique.

Son propos intervient dans un contexte où la dette publique demeure un sujet central pour la France et pour plusieurs économies européennes. Pour l’ancien banquier central, le redressement ne peut pas se limiter à un affichage comptable. Il doit passer par une amélioration de l’efficacité de la dépense publique, c’est-à-dire par une interrogation sur les résultats obtenus au regard des moyens engagés. Cette approche vise à éviter que l’ajustement budgétaire ne repose uniquement sur des coupes indifférenciées ou sur un report continu des charges vers les contribuables futurs.

François Villeroy de Galhau inscrit également cette réflexion dans une perspective européenne. Il plaide pour trois grands chantiers concrets à l’horizon 2029 : l’intelligence artificielle, l’énergie et la défense. Ces priorités correspondent à des domaines où les États membres disposent d’intérêts communs, mais où la fragmentation des politiques nationales peut réduire l’impact des investissements. L’ancien gouverneur défend ainsi une logique de projets identifiables, susceptibles de donner une traduction opérationnelle à l’ambition européenne.

Le choix de ces trois secteurs éclaire aussi les vulnérabilités actuelles du continent. L’intelligence artificielle renvoie à la capacité d’innovation et à la maîtrise des technologies stratégiques. L’énergie touche à la sécurité d’approvisionnement, aux coûts pour les ménages et les entreprises, ainsi qu’à la transition industrielle. La défense, enfin, s’impose comme un enjeu de souveraineté dans un environnement international plus instable. Rassembler ces priorités dans un calendrier fixé à 2029 revient à lier discipline financière et investissement dans des biens collectifs européens.

Cette position ouvre un débat délicat pour les gouvernements : comment réduire les déséquilibres sans affaiblir les investissements indispensables à la croissance future. En mettant l’accent sur l’efficacité plutôt que sur la seule contraction des dépenses, l’ancien responsable monétaire cherche à distinguer rigueur budgétaire et renoncement stratégique. Le message adressé aux décideurs est clair : la maîtrise de la dette, si elle veut être durablement acceptable, doit s’accompagner de choix publics lisibles, orientés vers la jeunesse et vers la compétitivité de l’Europe, en cohérence avec le cadre institutionnel de l’Union européenne.

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