Le flux soudain d’exilés vers l’enclave espagnole cristallise des tensions autour des sujets de l’immigration et de l’Union européenne chez les candidats dans la course à l’Elysée, où chacun tente d’imprimer sa marque dans le débat.
Publié le 31/07/2026 19:18
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Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont traversé ces derniers jours la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta, notamment entre jeudi et vendredi 31 juillet. C’est l’arrivée de migrants la plus importante depuis 2021 à Ceuta, sans connaître la raison précise derrière ces arrivées soudaines. En France, Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’Intérieur de renforcer les contrôles aux frontières avec l’Espagne, face à ce qui est désormais une polémique internationale et nationale.
Selon l’entourage du chef de l’Etat, la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire en cas de besoin. Dès vendredi matin, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez assurait avoir déjà donné instruction de renforcer les contrôles à la frontière espagnole. Il n’est toutefois pas seulement question du gouvernement, puisque la polémique s’invite chez les candidats à l’élection présidentielle en France, normalement plus discrets au cœur de l’été.
L’extrême droite et la droite dénoncent un « appel d’air » que l’Espagne aurait provoqué : mi-avril le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez lance un plan massif de régularisation des sans papiers avec plus d’un million de demandes qui avaient été déposées, Marine le Pen la candidate Rassemblement national dénonce des « entrées massives » de migrants en Espagne, coordonnées par le gouvernement espagnol, selon elle.
L’indignation de la candidate d’extrême droite est partagée par Bruno Retailleau. « J’avais proposé de mettre l’Espagne au ban des nations européennes », réagit le candidat Les Républicains à la présidentielle pour qui « c’est aujourd’hui plus que jamais nécessaire ».
Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, demande également le renforcement « immédiat du contrôle de notre frontière avec l’Espagne ». Ce dernier affirme vouloir « mettre fin à une forme d’impuissance migratoire ». Chez Renaissance, le candidat Gabriel Attal assure que l’Europe est « la vraie réponse structurelle et de long terme » face à ces crises migratoires. Cette question demeure « existentielle pour la France et l’Europe », selon l’ancien Premier ministre.
La gauche réagit aussi à ce qu’il se passe à Ceuta. « Il y a déjà 27 morts : ne laissons pas l’Espagne seule face à l’épreuve », écrit Jean Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux.
L’insoumis en course pour l’Élysée accuse Marine Le Pen d’instrumentaliser la situation contre un gouvernement voisin d’un pays ami. Olivier Faure, le chef du Parti socialiste (PS), accuse la droite et l’extrême droite de se concurrencer « en matière de désinformation ». Pour le socialiste, « il n’y aura pas d »invasion’ du continent européen ».
Source:
www.franceinfo.fr






