- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilPolitiqueREPORTAGE. "C'est un peu réenclencher la machine à perdre" : la candidature de...

REPORTAGE. "C'est un peu réenclencher la machine à perdre" : la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne convainc pas franchement les électeurs de gauche


Publié le 04/05/2026 07:47



Mis à jour le 04/05/2026 08:29

Temps de lecture : 3min

Jean-Luc Mélenchon, invité du 20 Heures de TF1, le 3 mai 2026. (KIRAN RIDLEY / AFP)

Le leader de La France insoumise a officialisé, dimanche, sa quatrième participation une élection présidentielle, en 2027. À Montreuil, territoire qui a placé le candidat en tête au premier tour lors des deux dernières présidentielles, les réactions sont timorées.

Fin du suspens. Jean-Luc Mélenchon a annoncé, dimanche 3 mai, être candidat à la prochaine élection présidentielle, dans moins d’un an. Avec un adversaire désigné : le Rassemblement national. À 74 ans, l’ancien sénateur socialiste, avait réuni 22% des voix en 2022 et était arrivé à la troisième place du premier tour. En 2027, il espère atteindre, pour la première fois, le second tour. Comment réagissent les électeurs de gauche ?

Montreuil, aux portes de Paris, en Seine-Saint Denis, avait placé Jean-Luc Mélenchon en tête au premier tour lors des deux dernières présidentielles. Le leader insoumis avait récolté 40% en 2017 et à 55% en 2022. « C’est l’une des seules figures à gauche. Il a quand même un charisme et dans mon entourage, ceux qui sont politisés, on va dire, sont attirés par le personnage et ses idées », assure un sympathisant.

Et pourtant, au soir de l’annonce de sa candidature, on était loin de l’enthousiasme. « Mélenchon, il n’a plus la cote comme il aurait pu l’avoir et à un moment donné », estime un autre. Pour une troisième, « maintenant, il s’est totalement radicalisé, c’est extrêmement flippant, ce n’est pas possible, mais pas du tout. » « Il avait dit qu’il laissait place, il avait dit ‘faites mieux’, il faut laisser faire les gens pour faire mieux, on ne peut pas faire mieux s’il est là ! », souligne, quant à elle, Adeline.

Elle se prépare tout de même à voter à nouveau pour l’insoumis. Mais derrière ses lunettes roses, cette conseillère en insertion ne cache pas qu’elle est inquiète : « Peut-être que quelqu’un d’autre aurait eu plus de chance. Il est clivant, le côté un peu énervé tout ça, ça ne me dérange pas, mais si ça ne débouche à rien… Parfois, de toutes petites voix de gauche, un peu sceptiques peuvent faire la différence et je pense que là, il risque de ne pas les avoir. »

Jean-Luc Mélenchon prétend pouvoir battre le Rassemblement national « à plate couture », ce qui ne convainc pas Pierre, qui fait une moue sceptique. « Il a réussi à se retrouver relégué comme équivalent du RN, comme un extrême, alors qu’au départ ce n’était pas le cas. Donc, je ne suis pas sûr que ce soit une tactique payante, déplore-t-il. Bardella fait un travail de polissage de l’image et j’ai l’impression que pour beaucoup de gens, ça passe beaucoup mieux que Mélenchon qui est plus dans la conflictualité… »

L’électeur de gauche regrette que l’insoumis en chef impose ainsi sa candidature : « Ils ont du mal à se parler avec le PS, ils ont du mal à se parler avec les écolos… Si chacun part dans son coin, il n’y aura jamais de gauche au second tour. C’est un peu réenclencher la machine à perdre. C’est-à-dire que oui, il va sécuriser un certain score qui lui permettra toujours d’exister, etc. Mais l’objectif de mettre la gauche au pouvoir, je ne le vois pas. »

Pour des lycéennes qui, en 2027, voteront pour la première fois, Jean-Luc Mélenchon représente toutefois une option intéressante : « La droite aime trop nous catégoriser en tant qu’Arabes immigrés, islamistes… Mélenchon, lui, il peut se montrer avec des femmes voilées, avec des noirs ou des Arabes », assure l’une d’elles.

Une autre, qui se voit voter pour lui, estime que c’est quelqu’un en qui on peut avoir confiance : « Ça a l’air d’être un mec avec nous, donc c’est bien, c’est ce qu’il nous faut. En espérant qu’il ne la fasse pas à l’envers. Et après, ce sera à voir avec son programme s’il arrive à nous rattraper encore plus, parce que pour le moment on va partir sur ça, mais s’il y en a d’autres qui sont un peu mieux, on n’hésitera. »

Jean-Luc Mélenchon candidat à l’élection présidentielle : reportage à Montreuil (93) de Julie Marie-Leconte

« >


écouter (2min)


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img