Le talent de M.Shiba est celui de séduire ses clients, hommes et femmes sont sous son charme, et de les aider à des moments clés de leur vie, à l’aide de son frère, Tsugi, qui est spécialisé dans la recherche de ce qui est perdu.
Les konbinis sont des supérettes ouvertes 24h sur 24 et celle-ci propose un abonnement de bento pour les résidents séniors de l’immeuble. Cette idée a engendré un véritable fan-club du gérant, qui a su relier les habitants entre eux avec certaines habitudes. Des résidents séniors aux jeunes collégiens, les habitués de la supérette se croisent, se rencontrent et s’épaulent.
Un retraité plutôt acariâtre va aider un jeune garçon à s’entrainer pour une compétition sportive en l‘absence d’un père trop affairé et d’une mère qui a déserté le foyer. Grâce à cette entraide, le retraité va se radoucir, redécouvrir son épouse et le jeune garçon se rapprocher de son père. Il y a aussi cette jeune collégienne qui pense qu’il faut être comme les autres filles d’une bande populaire au collège pour exister alors qu’elle ne pense pas comme elles.
Elle va rencontrer une autre collégienne isolée du groupe, et va développer une belle amitié qui va la transformer. Un professeur mal dans sa peau qui voulait être dessinateur de manga, un employé qui a délaissé le sport va y reprendre goût à la suite d’un accident d’un des résidents qui le malmenait pour une raison qu’il dissimulait… Autant de clients autant d’histoires qui ont deux points en communs : la supérette et un certain mal de vivre provoqué par des non-dits, des silences, des vies qui ne sont pas vraiment à leur place.
La force de roman est de résoudre ces vies bancales, remettre en selle des destins ou réhumaniser des situations. Finalement, ce gérant en toute candeur et gentillesse, arrive à dénouer les problèmes des autres : « Je suis honoré d’avoir pris ne serait-ce qu’une petite part à votre bonheur. »
Nous sommes la relation que nous entretenons avec les autres et l’extérieur, quand nous nous projetons sur les autres, ce lien est déformé et les relations qui en découlent, en sont altérées. Rien ne vaut la méthode de Shiba « Phéro Boss » : ne pas baisser les bras, ne pas se mentir et tenter de vivre enfin sa vie.
Trop souvent ces personnages qui se côtoient sont corsetés dans leur travail ou soumis à leur situation de famille avec des problèmes qu’ils ont eux-mêmes initiés, n’affirment pas ce qu’ils sont ou ce qu’ils aimeraient être, démontrant ainsi que la plus grande des solitudes, est la tristesse de ne pas vivre ses véritables aspirations. Il y a une sorte de sagesse dans ce livre, une porte entre ouverte qui nous incite à prendre la clé des champs pour tenter l’aventure.
Et qui sait si nos chemins nous conduiront sur l’île de Kysushu, pousser la porte de la supérette Tenderness Kogane Mura, dont la devise est « Doux avec les gens, doux avec vous », rencontrer ce « voleur de sourire en série » et succomber à son charme, mais attention le plus dur pour recommencer sa vie n’est pas de tout attendre des autres : « faire ce que l’on aime est plus difficile que ce que l’on croit ».
DOSSIER – Auteurs sans éditeurs, éditeurs sans auteurs ? Un podcast en 4 épisodes
Par Christian DorsanContact : contact@actualitte.com
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