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Il a beau partager des montages de lui en héros de l'Amérique sur le compte de la Maison Blanche, Trump est en chute libre dans l'opinion et dans toutes les catégories (coût de la vie, impôts, économie…)

Alerte sur les taux obligataires aux États-Unis. Sur fond de crise au Moyen-Orient qui s’intensifie, le taux à 10 ans a dépassé les 5%. Dans le même temps, Donald Trump semble s’enliser dans le détroit d’Ormuz, et sa cote de popularité recule dans les derniers sondages. Il est particulièrement sanctionné sur les questions économiques.

L’opinion américaine est à cran. Elle désapprouve la gestion de Donald Trump sur plusieurs fronts: la guerre en Iran, la relation avec les alliés, l’immigration. Une majorité d’Américains critique désormais sa politique. Le rejet est encore plus marqué sur les thématiques économiques, pourtant au cœur de sa campagne et de sa réélection.

Plus de trois quarts des sondés jugent négativement son action en matière de pouvoir d’achat. Et pour cause: la perception du coût de la vie s’est nettement dégradée depuis le début de la guerre en Iran.

Sur toutes les thématiques, les avis des Américains sont défavorables à la politique de Donald Trump. © BFM Business

La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20% des flux pétroliers mondiaux, a provoqué ce que l’Agence internationale de l’énergie qualifie de « plus grande perturbation d’approvisionnement de l’histoire du marché pétrolier ».

Le prix moyen national du carburant dépasse désormais 4 dollars le gallon, en hausse de plus d’un dollar depuis le début du conflit. Dans six États — Alaska, Hawaï, Illinois, Nevada, Oregon et Washington — les prix atteignent ou dépassent même les 5 dollars. En Californie, ils franchissent les 6 dollars.

L’impact économique fait chuter Trump dans les sondages

Donald Trump avait pourtant, contre toute attente, réussi à traverser la tempête déclenchée par sa guerre commerciale menée tambour battant. Le FMI le reconnaissait à demi-mot en avril dernier: la croissance mondiale résistait, le secteur privé s’adaptait et les investissements massifs dans la tech aux États-Unis amortissaient les chocs. Il avait, en partie, déjoué les scénarios les plus pessimistes.

Mais l’intervention en Iran a changé la donne. En un peu plus de deux mois, la fermeture du détroit d’Ormuz est en train de fragiliser une économie mondiale qui s’était montrée jusqu’ici relativement résiliente face aux droits de douane. Cette fois, l’inflation repart, le pouvoir d’achat est sous pression, et le FMI revoit ses prévisions en urgence.

Un visuel de Donald Trump en "sauveur" de l'Amérique posté sur les réseaux sociaux de la Maison Blanche.
Un visuel de Donald Trump en « sauveur » de l’Amérique posté sur les réseaux sociaux de la Maison Blanche. © BFM Business

Donald Trump semble faire peu de cas de cette dégradation dans les sondages et continue de jouer une partition patriotique. Hier, il a publié une image générée par intelligence artificielle où il apparaît en Mandalorien — le guerrier solitaire de la série Disney+, drapeau américain à la main, Baby Yoda à ses côtés. La légende: « Dans une galaxie qui exige de la force, l’Amérique se tient prête. Telle est la voie. Que le 4 mai soit avec vous. » En anglais « May the 4th be with you », « 4th » se prononçant comme « force ».

Dans ce récit héroïque, un chiffre revient régulièrement : le 4. Dans deux mois, ce sera le 4 juillet, les 250 ans de l’indépendance des États-Unis. Donald Trump prépare une célébration d’ampleur et entend se poser en héritier des Pères fondateurs.

Les Démocrates en ordre de bataille

De leur côté, les démocrates se mettent en ordre de bataille pour les midterms de novembre et l’échéance de 2028. Deux figures émergent: Kamala Harris, ancienne vice-présidente de Joe Biden et battue par Donald Trump en 2024, et le gouverneur de Californie Gavin Newsom.

Ils incarnent deux lignes différentes. Harris cherche à porter une réponse progressiste globale, sur le pouvoir d’achat, les droits et la justice sociale, une forme de nouveau contrat social. Newsom adopte une posture plus offensive, en tentant de reconquérir les classes moyennes déçues par Trump.

Le Parti démocrate prépare en parallèle un document, le Project 2029: il se veut le miroir du Project 2025, élaboré par les républicains via le think tank Heritage Foundation. Ce document de plus de 900 pages avait structuré une partie du programme de Donald Trump et inspiré de nombreux décrets signés au début de son mandat.

La version démocrate n’en est encore qu’à l’état d’ébauche. Parmi les premières orientations évoquées: « récompenser le travail » et lutter contre les abus des grandes entreprises.


Source:

www.bfmtv.com

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