Les avocats de Willy Bardon veulent de nouvelles expertises ADN et digitales sur les deux scènes de crime, ainsi qu’une nouvelle analyse de l’appel vocal de la victime au secours, dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002.
Publié le 05/05/2026 14:44
Mis à jour le 05/05/2026 14:47
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Les avocats de Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion pour le meurtre, le viol et la séquestration d’Elodie Kulik en 2002 dans la Somme, « demandent la révision de son procès », mardi 5 mai lors d’une conférence de presse à Paris. Gabriel Duménil, Marc Bailly et Stéphane Dacquo ont envoyé lundi une requête au procureur d’Amiens, afin que des « actes préalables nécessaires à une demande en révision » soient effectués, comme a pu le constater un journaliste de franceinfo présent à cette conférence de presse.
Pour qu’une demande de procès en révision puisse être faite à la Cour de cassation, il faut qu’il y ait des éléments nouveaux susceptibles de montrer l’innocence de cet homme condamné définitivement en appel en 2021.
Les avocats de Willy Bardon veulent de nouvelles expertises ADN et digitales sur les deux scènes de crime, ainsi qu’une nouvelle analyse de l’appel vocal de la victime au Codis, le soir du meurtre. Les conseils de Willy Bardon comptent sur « les avancées technologiques » des techniques scientifiques « d’identification de l’ADN » et « de l’intelligence artificielle » pour apporter de nouveaux éclairages, expliquent-ils lors de cette conférence de presse.
Le soir de son enlèvement, dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, après un accident non-expliqué dans la Somme, Elodie Kulik a passé un appel aux pompiers, qui ont enregistré l’appel. On y entend la voix de deux hommes, dont celle de Willy Bardon, selon plusieurs témoins.
Mais pour les avocats, cette reconnaissance ne peut pas être fiable, « à cause des biais cognitifs » des personnes interrogées à l’époque. « Imaginez : des personnes placées en garde à vue qui ne pensent qu’à une chose : être disculpé. On leur dit que Bardon est suspect, on leur fait entendre une bande son, certains reconnaissent la voix de Bardon. C’est vraiment cela le standard de preuve qu’on est prêt à admettre ? »
« Monsieur Bardon souhaite que sa voix puisse être à nouveau analysée et comparée aux voix de l’enregistrement », continuent les deux conseils, « sans biais, sans parti pris, juste la science et l’objectivité. » « Il est possible de l’innocenter définitivement, de prouver qu’il ne s’agit pas de sa voix, sans cela, tout s’écroule », estiment ses avocats Gabriel Duménil et Marc Bailly.
Concernant les analyses ADN demandées, les avocats rappellent que celui de Willy Bardon n’a jamais été retrouvé sur les lieux, « mais nous avons des traces qui peuvent se rapprocher de personnes proches de Grégory Wiart sur les deux scènes de crime, des traces digitales également ». Grégory Wiart est l’autre suspect dans cette affaire, retrouvé à l’époque grâce à son ADN, décédé peu de temps après les faits. C’est en cherchant dans son cercle proche que les enquêteurs ont trouvé Willy Bardon.
En plus de l’ADN de Grégory Wiart, il y a des traces qui, à l’époque n’ont pas été exploitées, mais grâce à l’avancée de la science, elles pourraient l’être, selon les avocats. « Désormais, il est possible d’identifier des traces qui étaient auparavant totalement inexploitables. À l’époque, on a mis de côté les ADN mitochondriaux de proches de Grégory Wiart, pourtant présents dans une botte sur le lieu de l’enlèvement, car non suffisamment discriminant. »
« Nous n’avons donc qu’une supplique : donnez-lui enfin les moyens de prouver qu’il est innocent. […] Monsieur le procureur de la République d’Amiens, nous vous le demandons solennellement : rouvrez le dossier Willy Bardon », concluent les deux conseils.
Source:
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