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La France, moteur international de momox en 2025

Le segment « Livres & Médias », qui regroupe notamment les livres, CD, DVD ou jeux vidéo, représente environ 80 % des revenus. En progression de plus de 5 %, il demeure le principal moteur du groupe.

La France, premier marché hors Allemagne

Avec 56,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 2,4 %, la France reste le premier marché international de momox. Le groupe y bénéficie d’une implantation solide dans un secteur de l’occasion particulièrement dynamique. En France, l’entreprise indique avoir racheté plus de 6,5 millions de biens culturels en 2025, dont 5,4 millions de livres.

Récemment, momox a par ailleurs présenté un profil type de ses vendeurs français : 60 % de femmes, 40 % d’hommes, avec les 25-34 ans comme premier groupe d’âge. Près d’un vendeur sur deux aurait entre 25 et 44 ans, tandis que plus d’un sur cinq aurait plus de 55 ans. Paris arrive largement en tête des villes où l’on revend le plus sur la plateforme, devant Marseille, Lyon, Nice et Bordeaux. 

L’offre couvre l’ensemble des produits culturels, avec plus de 4 millions d’articles disponibles, dont plus de 2 millions de livres. L’entreprise met également en avant un élargissement de son catalogue en langues étrangères, en réponse à une demande croissante. 

Logistique, IA et e-commerce au cœur des évolutions

En 2025, momox indique avoir mené plusieurs chantiers pour améliorer son efficacité opérationnelle et l’expérience client. En France, les délais de livraison ont été réduits à deux à quatre jours grâce à un partenariat renforcé avec Mondial Relay.

Le groupe a également poursuivi l’intégration de l’intelligence artificielle sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, notamment pour la tarification, la logistique, la reconnaissance d’image et la personnalisation du parcours client.

Sur le plan technologique, momox prépare la migration de ses boutiques vers Shopify, déjà effective pour son activité mode et prévue pour les livres et médias. Les applications mobiles ont aussi été enrichies, avec notamment un outil de scan de codes-barres permettant d’accéder directement à la fiche d’un produit en seconde main.

Par ailleurs, l’entreprise a poursuivi l’automatisation de ses centres de tri, afin d’accompagner le traitement annuel d’environ 40 millions d’articles à l’échelle du groupe, tout en travaillant à l’harmonisation de son identité de marque en Europe.

Un changement de direction et une stratégie tournée vers l’international

L’année 2025 a également été marquée par un changement à la tête du groupe. Après douze ans, Heiner Kroke a cédé la direction à Claudia Frese, désormais CEO.

Cette dernière fixe les priorités pour les années à venir : « En 2026, nous faisons de l’internationalisation une priorité et renforçons l’utilisation ciblée de l’intelligence artificielle à chaque étape du parcours client. Nous poursuivons l’optimisation de nos processus clés et de nos investissements afin de soutenir une croissance durable sur l’ensemble de nos marchés. »

Elle souligne également le potentiel du secteur : « La seconde main est désormais ancrée dans les usages, et nous voyons un fort potentiel pour accélérer cette dynamique. »

Des indicateurs environnementaux et sociaux mis en avant

Momox met en avant un bilan environnemental présenté comme significatif : près de 40 millions d’articles remis en circulation en 2025, ce qui aurait permis d’éviter 46.657 tonnes d’émissions de CO₂. L’entreprise indique également avoir dépassé de 24 % son objectif de réduction d’émissions et vise une baisse de 80 % rapportée à son chiffre d’affaires d’ici 2030.

Ces éléments s’inscrivent dans une communication environnementale désormais classique chez les acteurs du re-commerce, qui valorisent les effets supposés de la seconde main sur l’empreinte carbone. Des données toutefois difficiles à apprécier sans détails méthodologiques sur les calculs avancés.

Sur le plan solidaire, le programme « Vendre & Donner » a permis de reverser 286.117 euros à plusieurs organisations, dont WWF (ONG internationale de protection de la nature et de la biodiversité), Cradle to Cradle (initiative promouvant l’économie circulaire et l’éco-conception des produits) et Drip by Drip (organisation finançant des projets d’accès à l’eau potable dans les pays en développement).

Fondée en 2004 à Berlin, momox se positionne comme un acteur majeur du re-commerce en Europe. L’entreprise rachète directement aux particuliers livres et produits culturels via ses plateformes locales et son application mobile, avant de les revendre en ligne à prix réduit.

Le groupe emploie plus de 2100 personnes et indique avoir déjà acheté et revendu plus de 400 millions d’articles depuis sa création.

À LIRE – Occasion : une taxe aurait “un impact direct sur le budget des consommateurs” (momox)

En France, le développement du livre d’occasion reste un sujet sensible pour la filière. L’idée d’une contribution destinée à rémunérer auteurs et éditeurs a bien été relancée politiquement, mais elle se heurte toujours à d’importants obstacles juridiques.

Dans un avis rendu public à l’été 2025, le Conseil d’État a estimé qu’un dispositif national imposant une rémunération sur les reventes successives de livres imprimés se heurterait au droit européen, en raison du principe d’épuisement du droit de distribution. 

Photographie : un entrepôt momox (momox), Heiner Kroke (momox)

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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