En février 2025, Luc Jouaron, 23 ans, est décédé après une overdose de protoxyde d’azote. Ses parents, François et Pascale, ont décidé de s’engager pour sensibiliser les jeunes à ce fléau et éviter d’autres drames.
Publié le 25/03/2026 13:21
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Sur la table de l’entrée, François et Pascale Jouaron ont disposé des fleurs, autour d’une photo encadrée de leur fils Luc, mort à 23 ans. Le jeune homme pose en uniforme de pompier volontaire, avec son père, le médecin du village de Champagne-Mouton, en Charente. Il y a un peu plus d’un an, en février 2025, Luc a fait une overdose de protoxyde d’azote.
L’an dernier, 522 cas d’intoxication grave au protoxyde d’azote ont été notifiés au réseau national d’addictovigilance. Ce gaz hilarant, qui rend accro, peut provoquer des paralysies, mais aussi tuer en quelques minutes seulement. Plusieurs parlementaires de tout bords ont tenté de légiférer sur sa consommation, sans qu’aucun texte n’aille au bout du processus législatif. C’est pourquoi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez porte un projet de loi présenté mercredi 25 mars à l’Assemblée nationale, pour interdire la consommation du protoxyde d’azote.
C’est aussi le combat de François et Pascale qui veulent sensibiliser sur ce « poison » qui a tué leur fils. « C’est la pire des choses qui arrive », affirme François, très ému. « Et moi, en tant que médecin je n’ai pas pu réanimer mon fils, donc j’ai la double peine. La nuit, je rêve que Luc se réveille. » Luc était aide-soignant à l’hôpital du coin, en parfaite santé, il rêvait de devenir ambulancier du SAMU. Mais après avoir consommé du protoxyde d’azote, il est mort sur son lit, chez ses parents. « C’est moi qui l’ai trouvé, et je l’avais quitté deux heures avant », raconte Pascale. « Donc il faut savoir que ça peut provoquer un décès brutal lors d’une simple, unique, consommation. »
« Il a pris deux petites cartouches de protoxyde d’azote que j’avais achetées il y a quelques années pour faire de la chantilly. Il a fait une perte de connaissance et comme il était seul, allongé sur le dos et qu’il a vomi, il s’est étouffé, il n’y avait personne pour l’aider. »
Pascale Jouaron, mère de Luc, mort en février 2025à franceinfo
Alors depuis la mort de son fils, elle s’est donné pour mission d’alerter sur les dangers du protoxyde d’azote. Cette vétérinaire, ancienne maire de Champagne-Mouton, ne comprend pas pourquoi il n’existe pas encore de loi beaucoup plus stricte sur ce produit. « Quand je vois des jeunes à la télé avec d’énormes bonbonnes, ça me terrorise ! », confie-t-elle. « Je veux leur dire que ce n’est pas un gaz banal, c’est un poison, un véritable fléau qui ne fait que s’accroître, et qu’il est urgent de prendre à bras-le-corps. Mais ça ne va pas assez vite à mon goût. »
Avec son mari, ils vont dans les lycées parler aux adolescents, pour les sensibiliser et éviter d’autres drames. « C’est difficile pour eux parce qu’à cet âge-là, on pense à tout sauf à la mort », admet François. « Mais il faut ouvrir les yeux, les drames arrivent tellement vite. Quand on voit des gamins handicapés à vie, avec des jambes comme des canes, c’est épouvantable. Mais enfin, eux ils sont vivants. » Ce combat leur donne aussi une raison de continuer à vivre : « Pour lui, on continue, on survit, et puis on essaie de faire ce qu’il aurait aimé qu’on fasse », affirme Pascale, la gorge nouée.
Par la fenêtre, elle montre le petit olivier planté derrière la maison, un cadeau des collègues de Luc aux urgences. Ce sont eux qui sont intervenus, ce jour-là, pour lui faire un massage cardiaque.
Source:
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