Thierry Frémaux, le délégué général du plus grand festival de cinéma au monde, s’est confié à « Variety » à quelques jours de l’annonce de sa sélection officielle.
Publié le 25/03/2026 18:07
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C’est presque devenu une tradition : Thierry Frémaux, le délégué général du Festivald de Cannes, a accordé un long entretien à la revue spécialisée Variety (lien en anglais). L’occasion de glaner quelques informations sur le processus de sélection des films et les œuvres attendues. La sélection officielle sera connue le 9 avril.
1 La sélection des films
Selon Thierry Frémaux, « environ la moitié » des films en compétition est déjà sélectionnée. Comme l’année dernière, le festival devrait recevoir près de 3 000 films. « Depuis janvier, nous découvrons des films qui nous réjouissent », a confié le délégué général. « Notre mission est très simple à formuler : définir ce qu’est le cinéma. Ou plutôt, dans le cadre de notre travail actuel : définir ce qu’il sera en 2026 ». Une certitude : le dernier film de Christopher Nolan, L’Odysée, attendu dans les salles en juillet, ne sera pas présenté en avant-première sur la Croisette. À l’instar de celui d’Alejandro González Inárritu avec Tom Cruise et dont la sortie est prévue en octobre 2026. Le mystère reste toutefois entier pour la dernière production de Steven Spielberg, Disclosure Day, dont la bande-annonce est tout aussi énigmatique.
2 La présence des productions et des studios américains
Interpellé sur l’affiche hollywoodienne, qui s’est réduite ces dernières années selon les observateurs, Thierry Frémaux s’est voulu rassurant. « Cannes continue de prospérer aux côtés du cinéma américain. Les échanges avec les studios sont fructueux. Nous ne dépendons de rien d’autre que des films eux-mêmes ». Pas de de Top Gun ni de Mission : Impossible cette année, mais le festival accueillera bien des films américains.
3 La politique et la géopolitique, source de polémiques pour les festivals et les artistes
Récemment, la directrice du Festival du film de Berlin Tricia Tuttle a failli pâtir d’une controverse liée aux propos anti-israéliens d’un réalisateur primé lors de la cérémonie de clôture de la dernière édition de la Berlinale. Invité à réagir à cette « crise », Thierry Frémaux a rappelé que le Festival de Cannes avait exprimé son « soutien à Tricia Tuttle et à ses équipes » de la Berlinale, « un festival incontournable pour [le] secteur ». « Nous ne devons pas aggraver les tensions actuelles en mettant les festivals en péril », a-t-il poursuivi. Interpellé sur l’impact de l’intense actualité géopolitique sur Cannes, Thierry Frémaux a affirmé que la mission du festival est « de projeter des films, de permettre aux artistes de s’exprimer et de faire en sorte que ces œuvres enrichissent le débat de notre époque » tout en soulignant que le festival « doit également veiller à ce que toutes les opinions s’expriment dans le respect et la tolérance. Et Thierry Frémaux de conclure : « à Cannes, la politique est à l’écran, dans les films ».
Le délégué général a par ailleurs défendu les artistes, souvent invités à s’exprimer sur la politique pendant les conférences de presse des festivals et dont les réponses faisaient ensuite l’objet de polémiques. « On attend des artistes qu’ils aient un avis sur tous les sujets, et dès qu’ils s’expriment, on leur reproche de ne pas avoir les compétences nécessaires pour juger de l’actualité. Les réseaux sociaux n’arrangent rien », a estimé Thierry Frémaux. Ce dernier s’est dit, par ailleurs, « consterné de voir comment la situation tragique qui règne dans certaines régions du monde est exploitée, comme si les cinéastes ou les festivals avaient le pouvoir d’y remédier ».
4 Park Chan-wook, président du jury 2026
Prix du Jury en 2009 avec Thirst, ceci est mon sang et Grand Prix du jury en 2004 pour Old Boy, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook assurera la présidence du jury de la 79e édition du Festival de Cannes dont il est familier. Thierry Fémaux a salué le génie d’un cinéaste qui « a légitimé la place du cinéma de genre en compétition ». « Aux côtés de Bong Joon-ho et Lee Chan-dong, il est l’un des principaux représentants de la Corée du Sud, un pays qui offre un vaste panorama cinématographique et de la modernité. Nous sommes ravis de l’accueillir parmi nous ».
5 L’intelligence artificielle au cinéma
L’influence de l’intelligence artificielle sur l’avenir de l’industrie cinématographique est une préoccupation majeure, notamment pour les artistes. Beaucoup de comédiens et comédiennes ont déjà pris des mesures pour s’en prémunir en protégeant leur image, à l’instar des Américains Matthew McConaughey et Morgan Freeman. L’IA « finira par s’imposer et s’intégrer, tout comme les autres technologies avant elle », estime pour sa part le délégué général du festival de Cannes. « Je me range toutefois du côté des scénaristes et des acteurs qui s’inquiètent, à juste titre, d’une utilisation abusive de l’IA ».
Source:
www.franceinfo.fr





